L’opérateur italien Telecom Italia voit ses recettes augmenter de 3% en 2022, tirées par sa filiale brésilienne

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L’opérateur italien Telecom Italia (TIM), dont le principal actionnaire est le groupe français Vivendi, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 3,1% à 15,78 milliards d’euros en 2022, tiré par sa filiale brésilienne, selon des résultats préliminaires publiés mardi. Ces recettes sont légèrement supérieures au consensus des analystes de Factset, qui prévoyaient 15,68 milliards d’euros.

TIM Brasil, qui a absorbé en avril 2022 les activités mobiles de l’opérateur brésilien Oi, a vu ses recettes bondir de 39,5% à 3,96 milliards d’euros. A l’inverse, le chiffre d’affaires de TIM a diminué en Italie, reculant de 5,2% à 11,85 milliards d’euros, dans un marché très concurrentiel. Au seul quatrième trimestre, les recettes totales du groupe ont affiché une hausse de 7,1% à 4,26 milliards d’euros. Ce trimestre reflète «une nouvelle amélioration» grâce à la «stabilisation et relance» de l’activité en Italie et à «l’accélération du développement de TIM Brasil», a commenté le groupe dans un communiqué. Ces résultats permettent «d’atteindre ou de dépasser les objectifs fixés pour l’exercice 2022», assure TIM. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a augmenté de 5,3% à 5,34 milliards d’euros. En termes organiques, il a reculé de 6,7% à 6 milliards d’euros, une baisse moins prononcée que prévu. La dette nette de Telecom Italia s’est établie fin décembre à 25,4 milliards d’euros, soit une hausse de 3,2 milliards d’euros comparé à fin 2021. Son PDG, Pietro Labriola, avait présenté en juin 2022 un plan stratégique visant à réduire la dette en vendant des actifs du groupe et en séparant le réseau de téléphonie fixe et les activités de services. Le conseil d’administration de Telecom Italia a approuvé mardi soir «à l’unanimité» le nouveau plan 2023-25 soumis par M. Labriola, qui «s’inscrit dans la continuité du précédent», malgré un «environnement macroéconomique profondément modifié».

Parmi les objectifs affichés figurent un Ebitda organique qui devrait connaître une «croissance à un chiffre» en 2023 ainsi que des investissements «stables» de 4 milliards d’euros par an, dont 3,1 milliards en Italie. Le fonds d’investissement américain KKR a soumis début février une offre non contraignante pour acquérir une part majoritaire dans le réseau fixe de TIM, le valorisant à plus de 20 milliards d’euros. Le conseil d’administration de TIM se retrouvera le 24 février pour se prononcer sur l’offre de KKR, a confirmé le groupe mardi. En attendant, Telecom Italia «reste ouvert à l’évaluation de toute alternative qui pourrait se matérialiser d’ici là» et «poursuivra le dialogue avec ses actionnaires». Les marchés misent sur une prochaine contre-offre de la Caisse des dépôts italienne (CDP), associée au fonds d’investissement australien Macquarie. Le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni a affiché à plusieurs reprises son objectif de créer «un réseau national sous contrôle public». Selon la presse italienne, le ministère de l’Economie a d’ores et déjà donné son feu vert à une offre de la CDP. La grande inconnue sera la position de Vivendi, après le retrait du président de son directoire, Arnaud de Puyfontaine, qui avait à la mi-janvier claqué la porte du conseil d’administration du groupe italien.Les administrateurs réunis mardi ont renoncé à nommer un successeur, remettant la décision à la prochaine AG des actionnaires prévue en avril.