M. MARIN/V. ENCRENAZ (Festival d’Annecy/MIFA) : «La production d’animation s’intensifie de partout»

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Du 10 au 15 juin 2019, le Festival International du Film d’Animation d’Annecy mettra à l’honneur le secteur de l’animation sous toutes ses facettes. En parallèle, du 11 au 14 juin, le Marché International du Film d’Animation (MIFA) réunira jusqu’à 490 acheteurs et distributeurs et mettra en lumière l’industrie mondiale à travers près de 75 pays représentés. Entretien avec Mickaël MARIN, Directeur de CITIA, la structure organisatrice du Festival International du Film d’Animation d’Annecy et du MIFA, ainsi que Véronique ENCRENAZ, Responsable du MIFA.

MEDIA +

En quoi le festival d’animation d’Annecy et son marché sont-ils devenus une référence dans leur domaine ?

MICKAËL MARIN

On peut facilement affirmer que nous sommes devenus l’événement leader au niveau mondial. Sur le secteur du cinéma d’animation, il n’y a pas de comparaison possible. Nous avons enregistré 11.700 accrédités en 2018, c’est un record. Pour l’édition 2019, nous sommes sur des bases supérieures pour l’instant. Depuis quelques années, nous avons une très forte croissance. Ce qui n’est pas sans poser quelques questions en matière d’infrastructure et d’organisation. Nous voulons surtout que les professionnels qui se déplacent chez nous trouvent satisfaction d’un point de vue artistique et/ou business. On a atteint depuis 3 éditions, une plus grande maturité dans les dispositifs proposés pour accompagner les professionnels. L’offre proposée est plus complète et équilibrée qu’avant.

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Comment avez-vous structuré l’offre du festival et du MIFA ?

MICKAËL MARIN

Nous mettons autant d’énergie à proposer des films qu’à organiser des activités entre les projections. Nous essayons d’accompagner au mieux les studios, les producteurs, les sociétés de production et les vendeurs. On veut un équilibre entre les projections de majors et celles des studios indépendants, entre courts métrages, longs métrages et séries TV. Nous allons développer la visibilité des nouvelles formes de créations animées, notamment avec une compétition sur la réalité virtuelle. Sur la partie MIFA, nous mettons en place de nouveaux dispositifs.

VÉRONIQUE ENCRENAZ 

Notre dispositif d’appel à projets existe depuis quelques années. Dans cette lignée, une catégorie «Pitchs Animation du Monde» a été créée en 2015. Elle s’adresse à des projets issus de territoires où l’animation est émergente. Nous accompagnons les talents dès le concept. Ensuite, nous accompagnons les professionnels en mettant en place des formats de rencontres comme «Meet the…». Nous organisons des rencontres par exemple entre compositeurs, réalisateurs et producteurs. Puisqu’il peut être difficile pour un professionnel de l’animation de rencontrer le compositeur qui saura mettre en musique ses créations, nous organisons des échanges pour faciliter les collaborations artistiques. L’opportunité de faire tomber les barrières et les frontières entre professionnels de la musique et de l’animation. A travers le dispositif «Shoot the Book», nous mettons en avant des livres susceptibles d’être adaptés en film d’animation.  

MEDIA +

Quelles tendances voyez-vous émerger dans le secteur de l’animation ?

MICKAËL MARIN

Un des principaux défis du secteur, ce sont les talents. La production d’animation s’intensifie de partout, poussée par les plateformes qui ont beaucoup de projets. La question des talents est primordiale. Il va y avoir des besoins très importants en production. Il y a eu un phénomène de concentration – avec des rachats de sociétés aux États-Unis – qui rebattent les cartes, côté longs métrages.

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De quel budget disposez-vous ?

MICKAËL MARIN

Le budget global de CITIA est de 5,7 M€ cette année. Il englobe toutes nos activités. Sur la partie purement événementielle du mois de juin, nous sommes à plus de 5 M€. Le budget a été augmenté de 10% car il est lié à la hausse de la fréquentation.

MEDIA +

Quelles sont vos perspectives de développement ?

MICKAËL MARIN

Un des axes forts de ce que nous allons développer à partir de 2019 et dans les prochaines années, c’est l’ouverture au grand public. La manifestation a toujours été tournée vers les professionnels et elle continuera à l’être mais nous allons avoir beaucoup plus de propositions pour le grand public. En 2023, nous avons la perspective de créer une Cité du Cinéma d’animation à Annecy qui nous permettra d’avoir une activité 365 jours par an.