N. PERNIKOFF (La nouvelle) : «La télévision a toute sa place aux côtés des plateformes»

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Après avoir travaillé depuis plus de 30 ans dans les médias (NRJ et France Télévisions), Nicolas PERNIKOFF est désormais CEO de La nouvelle, agence de communication qui aide les marques à définir leur stratégie de communication. L’occasion pour Média+ de rencontrer cet enfant des médias afin de faire un point sur le secteur en général.

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Que produit La nouvelle, l’agence que vous dirigez ?

Nicolas PERNIKOFF

Nous produisons l’émission «Silence, ça pousse !» diffusée sur France 5 le vendredi en deuxième partie de soirée. En complément, nous produisons du contenu audiovisuel pour les marques. C’est un moyen très puissant pour légitimer les discours de nos clients en apportant des preuves concrètes. De plus, nous sommes de plus en plus consultés sur notre offre podcast, que nous développons depuis 3 ans. Celle-ci représente 10% de notre chiffre d’affaires, avec des projets menés pour Mazars, Bouygues ou encore la Mairie de Paris. 

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Quel regard portez-vous sur la télévision ?

Nicolas PERNIKOFF

Je pense que le média télé est loin d’être mort, contrairement à ce que l’on peut entendre. La télévision a toute sa place aux côtés des plateformes. Cependant, son contenu doit être audacieux : le rôle de la télévision est d’éduquer, transmettre et partager. Pour cela, elle doit privilégier le direct, créer des événements uniques, surprendre. Cependant, la manière de recruter les téléspectateurs a totalement évolué. Les réseaux sociaux ont pris une place centrale pour recruter les téléspectateurs et leur donner rendez-vous à la télévision. Cyril Hanouna a été le premier animateur à le comprendre. Il parle matin, midi et soir à ses followers et leur donne rendez-vous sur C8. Il entretient un lien affectif fort avec les réseaux sociaux. La seule auto-promotion sur une chaîne de télévision ne suffit plus.

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Et la radio ?

Nicolas PERNIKOFF

J’ai connu la radio à une époque où il fallait parler de moins en moins et laisser place à la musique. Au sein d’NRJ, nous remarquions que les auditeurs quittaient l’antenne quand l’animateur parlait trop. Avec la période de confinement, j’ai senti que la tendance s’inversait. Nous sommes dans l’ère du contenu et les auditeurs veulent apprendre et découvrir des choses. France Inter n’est pas leader pour rien, c’est avant tout son contenu qui fait sa force. La preuve en est avec l’énorme succès des podcasts de Radio France.

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Vous venez de l’information. En quoi cela vous aide dans la communication et la publicité ?

 Nicolas PERNIKOFF

Depuis 30 ans, j’ai fait l’essentiel de ma carrière dans les médias : radio, télévision, avec pour objectif de recruter et de fidéliser des auditeurs, des téléspectateurs, donc des consommateurs. C’est un délicat mélange d’intuition et de sens de l’écoute. J’ai eu la chance de mettre à l’antenne des programmes tels que les «NRJ Music Awards», «Touche pas à mon Poste», «N’oubliez pas les paroles», ou encore «Incroyables expériences». Les marques ont ce besoin de s’événementialiser davantage. Nous les accompagnons à travers la création d’un écosystème de contenus créatifs et porteurs de sens. Il faut surprendre son public mais pas n’importe comment.