«Nous pensons qu’il n’y a pas de raison de stopper la 5G en elle-même», déclare Sébastien Soriano, le président de l’Arcep

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«Nous pensons qu’il n’y a pas de raison de stopper la 5G en elle-même», a déclaré mercredi Sébastien Soriano, le président de l’Arcep, régulateur des télécoms, qui juge toutefois urgent d’apporter des garde-fous face au débat qui s’enflamme.

«Pour nous, les télécoms ont toujours été un sujet un peu technique, et là on rentre un peu dans le grand bain politique. On voit pour la première fois des partis, des personnalités politiques qui prennent position sur la technologie elle-même, et ça c’est nouveau», a-t-il déclaré sur Radio Classique, assurant vouloir «rester neutre dans ce débat» en tant qu’autorité indépendante du gouvernement.

«Compte tenu des préoccupations qui sont exprimées politiquement et dans la société, nous pensons qu’il n’y a pas de raison de stopper la 5G en elle-même. En revanche, il y a urgence à travailler sur les conditions, sur les garanties, sur les garde-fous à apporter par rapport à ces préoccupations», a-t-il ajouté.

Près de 70 élus de gauche et écologistes, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot ou la maire de Marseille Michèle Rubirola, ont demandé dimanche dans une tribune un moratoire sur le déploiement du futur réseau mobile. Une demande balayée par le président Emmanuel Macron, qui a réaffirmé lundi que «la France (allait) prendre le tournant de la 5G», en ironisant sur ceux qui préfèreraient «le modèle Amish» et le «retour à la lampe à huile».

Mardi, un rapport commandé par le gouvernement au début de l’été – précisément pour répondre à la demande de «moratoire» d’abord exprimée par la Convention citoyenne pour le climat – a souligné qu’il n’y avait pas «d’effets néfastes avérés à court terme» sur la santé «en-dessous» des valeurs limites recommandées concernant l’exposition aux ondes électromagnétiques.

Les enchères pour l’attribution des premières fréquences de la 5G en France doivent se tenir fin septembre, ouvrant la voie à de premières offres commerciales d’ici fin 2020. Si le régulateur des télécoms est conscient de la «tension» autour de ces enchères, il assure qu’il «sera extrêmement transparent sur tout le déroulé du processus».

«Chaque jour, nous ferons un état de l’avancement des enchères, ce qui est nouveau. Jusqu’à présent, nous ne faisions pas cela de manière aussi détaillée», a annoncé M. Soriano. «Je pense qu’il faut un peu d’humilité collective, il y a une préoccupation nouvelle. Peut-être que personne n’avait assez anticipé sur cet enjeu technologique. La technologie change nos vies, c’est vrai qu’il faut se pencher dessus».