P. Bouvard, le maître des «Grosses Têtes» depuis 30 ans

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    Depuis tout juste 30 ans, Philippe Bouvard, entouré de ses trublions des «Grosses Têtes», rassemble quotidiennement quelque deux millions d’auditeurs sur RTL. «Les directeurs passent, les Grosses Têtes restent», se plaît à dire l’écrivain-animateur. Aujourd’hui Philippe Bouvard, 77 ans, se souvient. Sa première émission en avril 1977? «C’est un souvenir assez tristounet parce que je n’y croyais pas, elle durait une demi-heure dans un tout petit studio sans public et s’il y avait la Culture avec un grand C, c’était sans fantaisie, ni rire». Les pères fondateurs de l’émission étaient alors Robert Beauvais, Roger Peyrefitte et Jacques Martin. Au long des années, sa petite académie, qui s’amuse de l’actualité et de ses absurdités, s’est étoffée. Ses compères sont aujourd’hui Amanda Lear, Bernard Mabille, Jacques Maillot, Jean-Jacques Peroni, Jacques Balutin… Avec une constante, les émissions ne sont jamais diffusées en direct. Une manière d’éviter quelques dérapages. «Il y en a sans arrêt», admet-il, «mais vous ne les entendez pas grâce à un montage très pointu. Ce n’est pas un montage de censure, mais un montage de civilité puérile, honnête et radiophonique. Nous coupons les trop grosses cochonneries et nous gardons les rires qu’elles ont provoqués». En égrenant ses souvenirs Philippe Bouvard se rappelle «une émission folle» où il avait pour complices Jacques Martin et Jean Yanne. «J’ai posé la première question et puis ils déliraient tellement que je n’en ai pas posé d’autres. Pendant une heure et demie, je n’ai plus pu articuler un mot. Ils tenaient le crachoir et j’étais partagé entre la rigolade et l’agacement». Il y a aussi ce qu’il appelle «un mauvais client», «quand par hasard j’ai comme invité d’honneur quelqu’un qui se prend au sérieux, qui ne se souvient pas du livre qu’il a écrit -soit parce qu’il ne l’a pas écrit lui-même, soit parce qu’il en a publié d’autres entretemps-, et qui, à chaque fois que je lui pose une question, dit ne pas connaître la réponse ou que ça ne l’intéresse pas». Il ne citera le nom d’aucun de ces «mauvais coucheurs».