Plusieurs centaines de manifestants à Paris pour protester contre le projet de fusion de l’audiovisuel public en France

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Plusieurs centaines de salariés de l’audiovisuel public français et des personnalités de gauche se sont rassemblés jeudi près du ministère de la Culture à Paris pour protester contre le projet de fusion porté par le gouvernement.

«Non à la casse de l’audiovisuel public», «Non à la holdingue», pouvait-on lire sur les banderoles, alors que la réforme prévoit un rapprochement sous un régime de holding en 2025, puis une fusion en 2026. Les manifestants brandissaient de nombreux drapeaux et panneaux aux couleurs des syndicats ou antennes des quatre entreprises concernées (France Télévisions, Radio France, l’Ina et France Médias Monde). L’examen de ce projet controversé de fusion de l’audiovisuel public, prévu cette semaine à l’Assemblée, est reporté, probablement à juin. Ce projet de fusion, combattu par un mouvement de grève des salariés des quatre sociétés publiques conernées, qui le qualifient de «démagogique, inefficace et dangereux», pourrait n’être examiné qu’en juin au plus tôt. L’inscription du texte, déjà adopté au Sénat, sur deux jours seulement entre le projet de loi agricole et celui sur la fin de vie avait suscité de fortes crispations à l’Assemblée, et ce jusque dans le camp présidentiel, certains députés estimant que le gouvernement ne respectait pas suffisamment le débat parlementaire. Ce report est avant tout un contretemps pour la ministre de la Culture Rachida Dati, qui espère une adoption rapide du texte. La ministre prévoit un projet en deux temps: une phase transitoire avec la création d’une holding commune pour l’audiovisuel public au 1er janvier 2025, puis une fusion un an plus tard. Quelque 16.000 salariés sont concernés. Outre France Télévisions et Radio France, cette nouvelle entité rassemblerait également l’Ina (Institut national de l’audiovisuel) et France Médias Monde (RFI, France 24), même si l’intégration de ce dernier groupe fait débat jusque dans le camp présidentiel. La mobilisation des salariés contre le texte s’annonçait forte jeudi et vendredi.

Des préavis de grève ont été déposés dans les quatre sociétés publiques, les employés craignant une baisse de moyens et une remise en cause du nombre d’emplois. L’examen du texte devrait se tenir «au plus tard la semaine du 24 juin», estime Fabienne Colboc, rapporteure du texte. Selon plusieurs sources dans le camp présidentiel, une autre hypothèse serait de caler le texte après l’examen de celui sur la fin de vie, autour du 6-7 juin, si les débats prenaient moins de temps que prévu. Une hypothèse jugée toutefois peu probable, tant les députés devraient profiter de chaque seconde de temps de parole sur le sujet hautement sensible de l’aide à mourir. L’autre option sur la table pour le gouvernement est d’inscrire le projet de fusion au menu de la semaine du 24 juin, dédiée à ses projets de loi.