Les jurés du procès Vivendi ouvert la semaine dernière à New York ont entendu mercredi le président du conseil de surveillance du groupe, Jean-René Fourtou, dire qu’il n’avait jamais décelé les irrégularités comptables alléguées par des actionnaires, ne les ayant jamais cherchées. «Comme je n’ai pas cherché, je n’ai pas trouvé» d’irrégularité, a déclaré M. Fourtou lors d’une déposition diffusée au tribunal, en précisant en outre que depuis qu’il était à la tête du groupe, «personne ne (lui) a rapporté qu’ils avaient découvert quelque chose». M. Fourtou, après avoir assisté à l’ouverture du procès la semaine dernière pour incarner le groupe qui est poursuivi par les actionnaires, n’était pas présent mercredi. Son témoignage est cohérent avec le choix de Vivendi d’adopter une stratégie de défense «solidaire» de l’ancien P.-D.G. Jean-Marie Messier et de l’ex-directeur financier Guillaume Hannezo, également poursuivis. Dans ce procès, les parties civiles estiment avoir été trompées par la communication financière exagérément optimiste du groupe de médias en 2000-02, alors qu’il frôlait la faillite en raison du poids des dettes accumulées durant l’expansion rapide pilotée par M. Messier. Vivendi, M. Messier et M. Hannezo font en revanche valoir qu’aucune fraude n’a été commise et que les risques n’avaient jamais été cachés aux investisseurs. Vivendi court le risque de devoir verser plusieurs milliards de dollars au terme de ce procès en nom collectif. Toutefois ce risque pourrait être considérablement réduit si les investisseurs français, qui représentent 60% des actionnaires concernés, sont exclus de la procédure.



































