Le syndicat des régies publicitaires des télévisions françaises, l’ADMTV, a annoncé mardi «le dépôt d’une plainte auprès de la Commission européenne» pour contester l’interdiction en France de la publicité télévisée pour les opérations de promotions de la grande distribution. Cette interdiction, qui date de 1992, «est une anomalie française qui n’a plus aucune justification économique ou juridique», a estimé dans un communiqué le président de l’ADMTV, François Pellissier (TF1), en rappelant que cette restriction était unique en Europe. Selon lui, elle «prive les diffuseurs TV d’une ressource vitale, au bénéfice exclusif (des) plateformes de partage de vidéo et des réseaux sociaux». Le décret contesté interdit aux enseignes de la distribution de faire de la publicité à la télévision française pour leurs «opérations commerciales de promotion». Concrètement, cela veut dire que Carrefour, Leclerc, Intermarché, Lidl ou Auchan ne peuvent pas faire diffuser de spot télévisé vantant une promotion ponctuelle sur tel ou tel produit. A l’origine, cette interdiction était justifiée «par la volonté de protéger les ressources publicitaires de la presse écrite et de la radio», rappelle l’ADMTV. Or, «les investissements publicitaires de la distribution ne se sont pas reportés vers les médias que la réglementation prétendait préserver», fait valoir ce syndicat. Selon lui, «les budgets détournés de la télévision» se sont aujourd’hui «principalement orientés vers le digital». Par conséquent, l’interdiction «affaiblit les médias audiovisuels français régulés, au bénéfice des plateformes de partage de vidéo et des réseaux sociaux» qui ne sont pas soumis à la même contrainte. Cette annonce survient dans un contexte tendu pour la publicité à la télévision, car les grandes plateformes captent une grosse partie du marché. «En 2025, la publicité digitale a atteint 12,4 milliards d’euros en France (+11%), dont plus de 9,4 milliards ont bénéficié à des acteurs, Google, Meta, TikTok, qui ne financent ni la création et la production d’oeuvres audiovisuelles et cinématographiques, ni l’information», argumente l’ADMTV. «Dans le même temps, les recettes publicitaires nettes de la télévision ont reculé de 8,1%, à 3,237 milliards d’euros sur l’année», tendance «qui s’est confirmée début 2026». La démarche de l’ADMTV est soutenue par les structures qui représentent la production audiovisuelle et cinématographique française: la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), la Société civile des auteurs multimédia (Scam), l’Union syndicale de la production audiovisuelle (UPSA), AnimFrance et le Syndicat de la production indépendante (SPI). En janvier, le discounter allemand Lidl, l’un des 1ers annonceurs de France, avait annoncé qu’il allait arrêter ses achats publicitaires à la télévision française à cause d’une réglementation trop restrictive.






























