Radio France : la grève ne cesse toujours pas

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Radio France : la grève ne cesse toujours pas 

Radio France était à son douzième jour de grève vendredi, avec un taux de grévistes peu élevé mais stable sur la semaine et toujours des perturbations à l’antenne qui devraient perdurer le week-end et la semaine prochaine. Le taux de grévistes sur l’ensemble de la journée est de 3,69% des effectifs prévus, d’après un décompte communiqué par la direction du groupe, après une mobilisation très élevée la veille, jour de grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites (19,59% des effectifs prévus). La grève a été lancée le 25 novembre par les six syndicats de la «maison ronde», avec des durées variables, pour protester contre le plan d’économies présenté par la PDG du groupe Sibyle Veil. La CGT a déposé un préavis reconductible, toujours valide, et l’a prolongé vendredi jusqu’à lundi soir. Lors d’une assemblée générale organisée vendredi, les responsables syndicaux sont revenus sur leur rencontre avec la patronne du groupe mercredi : «on est toujours dans un dialogue de sourds où on n’avance pas d’un pouce. Elle n’a même pas tendu la moindre petite perche d’espace de négociation», a regretté un élu. Selon lui, la direction a lancé des invitations pour des premières séances de négociations sur le plan de départs à partir de la semaine prochaine, ce que le syndicat dénonce comme une «provocation». «Le montant d’économies nous paraît absolument insupportable contrairement à ce que dit Franck Riester», a-t-il poursuivi. Le ministre de la Culture, qui présentait la veille en Conseil des ministres la réforme de l’audiovisuel, a estimé que l’effort financier demandé au groupe était «soutenable» et que le plan de la direction était «en phase avec l’ambition que nous avons pour l’audiovisuel public». Ce plan prévoit 299 suppressions de postes et, en parallèle, la création de 76 postes, sur un effectif total de près de 4.800 personnes. Pour la CGT du groupe radiophonique, l’heure était aussi à la convergence des luttes avec des représentants de la RATP invités à s’exprimer en assemblée générale, alors que les transports publics sont aussi en grève pour protester contre la réforme des retraites. Un élu CGT-RATP a ainsi dénoncé une «politique de démantèlement dans les services publics en général».