Réforme de l’audiovisuel: l’objectif du gouvernement n’était pas de créer un nouvel ORTF, assure Aurore Bergé

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La députée LREM Aurore Bergé, rapporteure du projet de loi sur l’audiovisuel présenté en conseil des ministres mercredi, a assuré que l’objectif du gouvernement n’était pas de créer un nouvel ORTF (Office de Radiodiffusion-Télévision Française). «Dans le projet de loi il n’y a rien sur la question budgétaire», a-t-elle aussi assuré sur RFI, interrogée pour savoir si la réforme n’avait pas pour objectif de faire des économies. «L’enjeu de la réforme, c’est de réaffirmer l’importance du service public et de ses missions, a ajouté Mme Bergé, par ailleurs porte-parole de LREM. Interrogée sur le risque pointé par les opposants à la réforme de voir créée une nouvelle ORTF, elle a fait valoir que «ce n’est pas parce que vous réunissez différentes entités que pour autant vous en réunissez les lignes éditoriales, que vous imposez une ligne éditoriale». L’Office de Radiodiffusion-Télévision Française, plus connu sous le sigle ORTF était un établissement public chargé du service public de l’audiovisuel, de 1964 à 1974. «Ce n’est pas ça le projet», a-t-elle ajouté, «ce n’est pas ce que mes grands-parents ont pu connaître concernant l’ORTF», avec laquelle il y avait «une main mise sur les lignes éditoriales» et «pas la même pluralité des chaîne et des antennes». «Est-ce qu’il y a une légitimité d’un audiovisuel public dans notre pays ? Moi j’y crois profondément», a-t-elle poursuivi, en soulignant que les Français s’acquittent de la redevance audiovisuelle pour avoir des chaînes publiques «singulières, qui ne disent pas la même chose et ne présentent pas» l’information, le sport, les documentaires, etc… de la même manière que les chaînes privées.

Avec la réforme, «cette singularité sera encore plus affirmée sur toutes les chaînes et les antennes», a-t-elle assuré. Le projet de loi sur l’audiovisuel présenté jeudi en conseil des ministres est la plus grande réforme du secteur depuis 1986. Le gouvernement veut regrouper les principales entreprises de l’audiovisuel public au sein d’une holding commune appelée «France Médias», rapprochant des médias séparés pour la plupart depuis l’éclatement de l’ORTF en 1975.

Ce regroupement concernera France Télévisions, Radio France, France Médias Monde (le groupe qui chapeaute RFI et France 24) et l’Ina (Institut national de l’audiovisuel). En revanche, Arte et TV5Monde, fruits de partenariats internationaux, ne seront pas intégrés dans ce dispositif.Le projet de loi prévoit aussi des allègements réglementaires, une fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA)et de la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), l’agence publique de lutte contre le piratage, ainsi que des obligations d’investissement des plateformes de vidéo.