RMC : Mohamed Bouhafsi, l’enfant prodige du mercato

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Le journaliste Mohamed Bouhafsi a développé en quelques années seulement une réputation de stakhanoviste du marché des transferts, avec de nombreuses amitiés dans le secteur qui nourrissent ses scoops. A 23 ans, il était déjà rédacteur en chef du ballon rond pour les chaînes de RMC Sport, omniprésent sur BFMTV et les autres chaînes du groupe Altice. Il revendique notamment parmi ses coups les arrivées au PSG de David Beckham et Zlatan Ibrahimovic. A 27 ans, le journaliste a été promu sur les ondes de

RMC au carrefour de 20h en semaine. Et depuis mercredi, il réalise son rêve avec «Comme jamais», une émission de longs entretiens sur RMC Sport. «Je l’ai pris au berceau et j’en ai fait rapidement mon patron du foot», raconte François Pesenti, ex-directeur de RMC Sport. «Il a très vite compris le métier, et développé son carnet d’adresses. J’ai rarement vu quelqu’un comprendre aussi vite comment on tisse un lien de confiance», explique son mentor. Au siège d’Altice dans le sud de Paris, chemise blanche sous son costume extra-cintré, Mohamed Bouhafsi est justement en grande conversation avec une source. Il déjeune avec un agent, dîne avec un président. «Je peux adapter mon discours à un gamin qui vient de signer ou à un sexagénaire président d’un club de Ligue 1. Je connais les anniversaires, tous les détails», claironne le jeune journaliste.Dans ce secteur qui ne dort jamais et brasse des millions d’euros, c’est sa «force de travail» qui le différencie, assure-t-il. «Ma femme ne comprend pas pourquoi je réponds au téléphone à 23h ou minuit. Mais si je rate un appel, je panique. J’ai réglé le dossier (du gros transfert à l’OM de) Dario Benedetto depuis un transat à Zanzibar». Mohamed Bouhafsi a grandi à Saint-Denis, mais sa mère l’inscrit dans un collège puis un lycée chics du centre de Paris. Adolescent, il connaît «tout par coeur» sur le ballon rond et s’intéresse à la politique mais, «en politique, on a l’impression qu’il faut 10 ou 20 ans d’expérience pour avoir le droit de parler de quoi que ce soit. Et je voulais être non seulement reconnu mais aimé». «Le foot réunit tout le monde, c’était le vecteur pour y arriver le plus tôt possible», explique M. Bouhafsi. Le gamin attrape des stages à L’Equipe, Canal+ ou RFI. Il enrage quand un patron de média lui demande s’il a réfléchi à un pseudo, parce que «Mohamed, c’est pas un bon prénom, les Français n’aiment pas». Il arrive ensuite «sur la pointe des pieds» dans la rédaction de RMC, où il trouve quelques visages «méfiants» face à sa jeunesse, selon d’anciens collègues. L’une d’eux le décrit maintenant comme «sympathique, ambitieux, avec de grandes capacités d’adaptation, un peu caméléon». Le journaliste commence à développer son réseau à Marseille, où il a de la famille. A Paris, Lille ou Lyon, il se rapproche de la direction des clubs. En 2013, la rédaction l’envoie à la Coupe du monde des moins de 20 ans en Turquie. Il y passe son temps avec les Bleuets et noue des relations essentielles avec certains joueurs qui seront couronnés en 2018: Alphonse Areola, Samuel Umtiti ou Florian Thauvin. Au «royaume du mensonge» qu’est le mercato, l’entregent de cette fusée suscite beaucoup de «fantasmes», reconnaissent en coeur «Momo» comme certains de ses concurrents. «Il est cul et chemise» avec le patron de l’OM Jacques-Henri Eyraud, lance l’un d’eux. «Il a géré la communication d’un joueur et son transfert», lance un autre. «Jamais un joueur ou un président ne m’a proposé de travailler pour lui», répond Mohamed Bouhafsi, catégorique. «Quand on parle d’info, s’il n’y a pas un fond de vérité, je ne publie rien. Et si c’est faux, en moins d’une heure je suis mort sur Twitter». Des tweets que guettent les rédactions, puisqu’il n’a pas souvent trébuché jusqu’ici.