S. STRANO (Festival Fiction de La Rochelle) : «Le niveau qualitatif de la fabrication des œuvres est en constante augmentation»

27

Chaque année, le Festival de la Fiction de La Rochelle met en avant l’évolution et la croissance de la fiction française et francophone. Professionnels et passionnés de fiction se retrouvent donc du 14 au 19 septembre 2021. Entretien avec Stéphane STRANO, Président du Festival de la Fiction de La Rochelle.

media+

Êtes-vous parvenu à remettre sur les rails le Festival de la Fiction de La Rochelle ?

Stéphane STRANO

L’an dernier, il y a eu un tour de force puisque nous avions réussi à imaginer une version parisienne du festival pendant trois jours. Nous étions d’ailleurs l’un des seuls rendez-vous audiovisuels ayant résisté à la pandémie. Cette année, du 14 au 19 septembre 2021, c’est avec une joie inouïe que nous retrouvons La Rochelle et l’ensemble des institutions publiques qui nous soutiennent. Nous avons travaillé à apporter des changements pour gérer au mieux le public et les festivaliers de la manière la plus fluide, transparente, discrète et agréable possible. Cette année, nous disposons d’un budget d’1,2 M€ pour organiser le festival.

media+

Une édition 2021 sous quels auspices ?

Stéphane STRANO

Au regard de ce qui s’est passé ces derniers mois avec la pandémie, le principe de cette édition est de poser un regard sur la France. Nous allons tenter de comprendre ce qu’est devenue la fiction en deux ans, montrer que la crise sanitaire n’a empêché ni le talent, ni les propositions, ni l’explosion de la représentation de la France à l’international. De toutes les manières, et à chaque fois que l’on pourra, nous regarderons ce que nous sommes devenus.

media+

Quelle place accordez-vous aux professionnels dans le cadre du festival ?

Stéphane STRANO

80% de nos événements sont consacrés aux professionnels. Ils se réunissent pour réfléchir, à tout point de vue, et de toutes les manières, aux grandes questions du secteur. Par exemple, le CNC permettra d’approfondir notre prise de conscience écologique avec une table ronde sur le développement durable. La notion d’éco-responsabilité est au cœur de notre réflexion pour produire de manière responsable. Nous regarderons ce sujet du point de vue des jeunes générations de créateurs, pour poursuivre le mouvement. Le CSA exposera de son côté le palmarès des fictions 2021. Les événements grand public sont eux, plutôt organisés le samedi autour des feuilletons quotidiens («Un si Grand Soleil», «Plus Belle la Vie», «Demain nous Appartient» et pour la première fois «Ici Tout Commence»). Nous avons une assez belle répartition des événements entre le grand public et les professionnels qui se rencontrent.

media+

Quelles grandes problématiques aborderez-vous autour de la fiction française ? 

Stéphane STRANO

Le Grand Débat du vendredi 17 septembre aura pour sujet «La création est-elle compatible avec le bing bang audiovisuel ?». Il sera abordé en présence de la ministre de la Culture, des dirigeants de l’ensemble des grands diffuseurs français, des institutions publiques et d’associations. L’an dernier, nous avions mis en place un Grand Débat Artistique qui réunira, cette année encore, un panel de créateurs(rices) et de directeurs(rices) de fiction française autour des grandes modifications de la création liés à l’arrivée des plateformes. Objectif du débat modéré par Pascal Rogard, directeur général de la SACD : mieux encadrer l’organisation du processus créatif, encourager la diversité et renforcer la qualité de la création qui s’affirment comme un enjeu pour construire la fiction française de demain. Le festival s’engage aussi auprès de l’association «Pour les Femmes dans les Médias» qui révélera – avec l’INA – une étude sur l’étendue de l’imparité dans nos métiers, suivie d’une table ronde.

Parmi les 25 fictions en compétition officielle, quelle tendance se démarque ?

Le niveau qualitatif de la fabrication des œuvres est en constante augmentation. L’explosion mondiale du plaisir de la fiction impacte la France et lui permet d’accroître son niveau d’écriture. Nous avons des scénaristes de très haut vol aujourd’hui. Sur les tendances thématiques, les sujets sont souvent très durs et sociétaux. Ils font résonance parfois à la violence faite aux femmes ou à la parité. Ces sujets aux couleurs très sombres font émerger néanmoins des personnages pleins d’espoir.