Créée en 2019, Oopercast s’est imposée comme un acteur hybride de la production audiovisuelle, à la croisée du broadcast et du digital. Samuel Robert, co-fondateur et associé, revient sur la genèse et la vision de la société.
MEDIA +
Comment est née Oopercast ?
Samuel ROBERT
Il y a un fondateur historique, Adrien Bonneau, qui est aujourd’hui notre directeur technique. À l’époque, il travaillait notamment sur «Le Jour du Seigneur» et s’est rendu compte d’une chose : les processus en télévision étaient extrêmement robustes, mais aussi très lourds. Beaucoup de moyens humains, beaucoup de matériel, beaucoup de temps mobilisé pour produire un live. Le déclic a lieu lors d’un tournage à Lourdes : il conçoit sa propre régie, chez lui, avec une idée simple – réduire les coûts sans augmenter les risques. Nous l’avons rejoint pour structurer et développer cette innovation. Oopercast est née ainsi, avec la volonté d’alléger la production télévisuelle sans sacrifier la qualité.
MEDIA +
Oopercast revendique la rencontre entre la rigueur télévisuelle et l’agilité digitale…
Samuel ROBERT
La télévision garantit une qualité broadcast irréprochable. Le digital, lui, apporte rapidité, créativité et optimisation des coûts. Nous avons intégré des outils non-conventionnels dans l’univers télé : automatisation, workflows simplifiés. La frontière entre télévision et digital s’efface. La télé doit s’adapter aux nouveaux usages, et nous accélérons cette transition.
MEDIA +
Comment assurez-vous la rentabilité d’un modèle hybride (plateaux, régie mobile, sur-mesure) ?
Samuel ROBERT
Nous avons internalisé nos compétences : une quinzaine de permanents (réalisateurs, monteurs, techniciens, production). Cela limite la dépendance aux intermittents et garantit une forte capacité d’exécution. Nous avons également investi dans un parc matériel robuste et développé trois plateaux modulables, combinant régie traditionnelle et logiciels innovants. Un exemple fort : «Le Mag’ de la Santé» diffusé en direct sur France Télévisions depuis nos plateaux pendant leurs travaux. Une émission quotidienne nationale opérée avec nos moyens.
MEDIA +
Travaillez-vous différemment selon vos clients ?
Samuel ROBERT
Oui ! Un grand groupe corporate qui organise une convention digitale premium n’a pas les mêmes attentes qu’un créateur YouTube ou qu’un diffuseur national. Un corporate n’a pas forcément besoin d’entrer dans la technique au détail près. En revanche, en interne, nous maîtrisons tout «au câble près». À l’inverse, un créateur sera davantage centré sur le concept, l’incarnation, le rendu final. Nous adaptons d’abord notre compréhension stratégique, puis nous constituons la bonne équipe. Parfois avec nos permanents, parfois en intégrant des profils spécialisés – par exemple des profils éditoriaux habitués aux codes YouTube, très différents de l’écriture en télévision.
MEDIA +
Vous avez diffusé via vMix sur France 5. Qu’est-ce que cela change ?
Samuel ROBERT
vMix n’est pas un simple logiciel, c’est une architecture de production qui permet de centraliser réalisation, inserts, titrage et diffusion dans un environnement maîtrisé. Là où une régie traditionnelle mobilise plusieurs postes dédiés, nous pouvons optimiser l’équipe sans compromis sur la qualité antenne. Concrètement, aujourd’hui nous sommes capables de produire une émission avec cinq personnes. C’est comparable au passage de la captation en hélicoptère au drone : même exigence d’image, mais avec une agilité et une efficience radicalement supérieures.
MEDIA +
Intégrez-vous l’IA et l’automatisation ?
Samuel ROBERT
Nous développons des systèmes hybrides hardware/software capables de piloter image, lumière et habillage via des interfaces intelligentes. Un simple déclencheur peut activer caméra, jingle et graphique. L’objectif est clair : simplifier l’exécution et réduire les coûts sans perdre en exigence.
MEDIA +
Quelles collaborations marquantes ?
Samuel ROBERT
«Le Mag’ de la Santé», des projets avec RMC Story, «Le Festin» avec Carlos Diaz ainsi que l’accompagnement de créateurs et podcasteurs. Sur «Star Academy», par exemple, nous avons conçu une interface sur iPad permettant au jury de noter les candidats en direct, avec un impact immédiat sur les habillages écran et plateau. En dehors des studios, 40% de notre chiffre d’affaires provient des tournages extérieurs en régie mobile : le Parc des Princes, la Piscine Molitor, des centrales nucléaires avec EDF, un tournage à Venise… Nous avons une forte capacité de création plateau et d’adaptation terrain.
MEDIA +
À quoi devra ressembler Oopercast en 2031 ?
Samuel ROBERT
Nous resterons une entreprise hybride, capable d’accompagner un projet de l’idée à la diffusion. Si la technique permet aux créateurs de décupler leur talent au lieu de les contraindre, alors nous aurons pleinement réussi notre mission : réinventer la production audiovisuelle.
LES DIRIGEANTS
Samuel ROBERT
Co-fondateur et associé
COORDONNEES
70 Rue Jean Bleuzen, Vanves
DATE DE CREATION
2020
PRODUCTIONS
«Le Mag’ de la Santé (France 5), «Do you Comedy Festival
(RMC Story)




































