Scandale des écoutes en Grèce: le chef de l’opposition socialiste grecque et député européen Nikos Androulakis réclame la levée du secret du renseignement

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Le chef de l’opposition socialiste grecque et député européen Nikos Androulakis, dont le téléphone a été surveillé par le Renseignement, a réclamé jeudi la levée du secret de ce service à l’origine d’un scandale d’Etat qui éclabousse le Premier ministre.

«Nous réclamons la levée du secret du renseignement afin que Panagiotis Kontoleon (l’ancien chef du renseignement limogé en août, ndlr) puisse indiquer les raisons précises de cette surveillance», a affirmé Nikos Androulakis, chef du Pasok-Kinal, troisième force politique en Grèce, lors d’une conférence de presse à Thessalonique.

«C’est une question de priorité du Premier ministre (Kyriakos Mitsotakis) de lever le secret pour permettre le rétablissement de la normalité de la vie politique et la transparence», a ajouté cet élu européen. En révélant fin juillet une tentative d’écoute de son téléphone portable via le logiciel espion Predator par les services de renseignement EYP, Nikos Androulakis a porté un coup majeur au gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir depuis trois ans. Ce scandale est venu éclabousser un gouvernement qui fait déjà l’objet d’accusations de mise sur écoute de deux journalistes. Il est aussi mis en cause pour des refoulements illégaux et violents de migrants à la frontière avec la Turquie, ce qu’il dément.

L’affaire a entraîné début août deux importantes démissions dans l’entourage même de Kyriakos Mitsotakis alors que la presse grecque évoque un «Watergate» grec.

Le Premier ministre a reconnu «une erreur» des services de renseignement tout en assurant n’avoir pas été informé de cette surveillance. Il a également indiqué que l’Etat grec n’avait «jamais acheté ou utilisé» le logiciel espion controversé. Une commission d’enquête parlementaire, mise sur pied fin août, a déjà entendu plusieurs anciens chefs de l’EYP.

Athènes a invoqué le principe du «secret du renseignement» sur la surveillance de Nikos Androulakis tout en affirmant que «sa surveillance n’a servi à rien». Mais l’intéressé a insisté jeudi sur l’importance de la levée de ce secret pour que «la lumière soit faite»: «Ce n’est pas une question personnelle, c’est une question pour notre patrie, pour que la Grèce ne vive pas ce qu’elle avait vécu il y a plusieurs décennies» durant la dictature des colonels (1967-1974).