SFR: des centaines de salariés en grève jeudi pendant plusieurs heures, pour protester contre les suppressions de postes en 2021

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Des centaines de salariés de SFR (groupe Altice) se sont mis en grève jeudi pendant plusieurs heures, une «première», à l’appel de l’intersyndicale CFDT-Unsa-CFTC et de SUD, pour protester contre les suppressions de postes en 2021, a-t-on appris de sources syndicales. Ce plan prévoit jusqu’à 2.000 «suppressions de postes» courant 2021, selon les syndicats, «1.700 départs volontaires», selon la direction, qui souhaite conforter sa position de 2e opérateur télécom national à l’horizon 2025. 

L’appel à la grève a été «suivi entre 11h00 et 15h00 par environ 800 personnes, soit 12% des effectifs sur l’ensemble des sites de SFR en métropole, Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, et en outre-mer, à Mayotte et la Réunion», rejoignant des piquets de grève, a indiqué Xavier Courtillat (CFDT). Ils étaient «une centaine de salariés (sur 600) à Lyon, 70 (sur 150) à Lille, 50 (sur 150) à Toulouse, une trentaine (sur 200) à Bordeaux, 90 (sur 300) à la Réunion, tandis qu’une centaine de boutiques sur 300 étaient fermées en métropole», a précisé Abdelkader Choukrane (Unsa). Entre 300 et 400 personnes se sont réunies devant le siège de SFR à Paris dans le 15e arrondissement pour manifester leur colère tandis qu’environ 200 salariés en grève mais à distance, comme la majorité, se sont connectés à une réunion animée par les syndicats en visioconférence, selon l’Unsa et la CFDT. Interrogée, la direction a fait état d’un taux de grévistes de «8% au global». Dans un courriel interne aux salariés, le directeur général de SFR, Grégory Rabuel, assure qu’«après cinq réunions de négociation au cours desquelles aucune proposition n’a été formulée par les organisations syndicales représentatives (OSR)», celles-ci «ont décidé le 14 juin de mettre un terme aux négociations». M. Rabuel réaffirme avoir «clairement indiqué depuis le début de la procédure que les départs ne se feraient que sur la base d’un volontariat strict et exclusif» et avoir ainsi «fourni aux représentants du personnel (CSE et OSR) toutes les garanties sur ce point». 

«De la réussite de ce projet dépend la compétitivité du Pôle Telecom», ajoute le responsable, estimant avoir proposé «des mesures sociales d’accompagnement qualitatives et significatives, d’ores et déjà proportionnées au regard des moyens et résultats du groupe Altice, afin d’accompagner les collaborateurs qui seraient volontaires». L’intersyndicale a claqué la porte des négociations mi-juin face à une direction qui, selon elle, cherche à «faire passer sa réorganisation en force» et «refuse» de lui fournir les informations nécessaires à la compréhension du projet, en dépit de sa condamnation le 30 avril par le tribunal de Paris pour «défaut d’information sur ses orientations stratégiques». Ce projet, qui prévoit aussi des externalisations, «vide l’entreprise d’une partie de sa substance et met à mal sa pérennité», selon l’intersyndicale. Il «aura des conséquences sur la qualité du service qui sera rendu à nos clients et sur le déploiement de la 5G et de la fibre», pointe-t-elle. SFR, qui compte environ 10.000 salariés (télécom et boutiques), a augmenté son c.a. de 2,4% à 10,6 milliards d’euros l’an dernier. L’Ebitda (excédents bruts d’exploitation) était en hausse de 3% à 4,2 milliards d’euros sur la même période.