Snapchat mise sur des contenus médias de plus en plus étoffés

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Sport, cuisine, consommation, environnement… Pour fidéliser ses utilisateurs français et séduire au passage les annonceurs, le réseau social Snapchat, très populaire chez les moins de 34 ans, ne mise pas que sur ses filtres photos amusants mais aussi sur des contenus médias de plus en plus étoffés. Connu pour ses filtres photos en réalité augmentée (qui permettent à l’utilisateur de s’ajouter des oreilles de chat par exemple) et pour ses «Stories», format éphémère aujourd’hui repris par Facebook et Instagram, Snapchat propose depuis 4 ans en France sa rubrique «Discover», avec des contenus produits par des médias partenaires.Avec 8 partenaires au lancement («Le Monde», «Paris Match», «L’Equipe», Melty, Cosmopolitan, Vice, Konbini et Tastemade), «Discover» a accueilli depuis une vingtaine de médias (BFMTV, «20 Minutes», Brut, «Vogue», «Society», France TV, Topito, MAD, Arte, Chef Club, Loopsider, O1 Net, «Le Figaro»,  RMC, «Cuisine Actuelle», Radio France, Europe 1, BeIN…) et annonce de nouvelles alliances en cette rentrée. «Le Parisien» rejoint ainsi la plateforme avec «Food Checking», émission hebdomadaire sur les habitudes de consommation alimentaire, tandis que le groupe Marie-Claire y fait rentrer de nouveaux titres («Stylist», «Marie Claire», Magicmaman…), tout comme Prisma («Cuisine Actuelle», «Geo», Business Insider). Côté sport, France Télévisions propose une émission quotidienne sur Roland-Garros (résultats et coulisses) et BeIN Sports va diffuser sur la plateforme les meilleurs moments de l’Euro en juin prochain, en plus d’une émission hebdomadaire sur l’actualité du foot. «Au début, nous étions une messagerie vidéos. Aujourd’hui nous sommes aussi une application mobile de vidéos à la demande», a expliqué lors d’une présentation mercredi le PDG de Snapchat en France Emmanuel Durand, précisant que le groupe n’avait pas prévu d’acheter de droits sportifs. «Notre philosophie n’est pas de remplacer les médias existants mais de proposer une plateforme supplémentaire», indique le dirigeant de ce réseau social créé en 2011, qui revendique désormais 16 millions d’utilisateurs quotidiens et 22 millions d’utilisateurs mensuels en France. «L’objectif c’est d’arriver à proposer à nos utilisateurs une offre de contenus qui soit la plus pertinente et la plus large possible», poursuit-il. Si les médias proposaient initialement des contenus écrits sur «Discover», les nouveaux venus diffusent des vidéos courtes tournées au format vertical, qui ne sont pas forcément exclusives à la plateforme. Des vidéos regardées par 12 millions de «Snapchatters» chaque mois, avec un temps de visionnage en hausse de 45% entre 2019 et 2020, selon Snapchat. Si les médias n’y gagnent pas forcément d’argent (Snapchat ne donne pas de chiffres), l’intérêt pour eux est de se faire connaître auprès d’un public jeune qu’ils ont du mal à attirer habituellement. «C’est un défi éditorial immense parce qu’on arrive dans cet univers qui n’est pas le nôtre (…) C’est beaucoup d’expérience qu’on a accumulée et qu’on a pu réinjecter dans d’autres projets éditoriaux», explique Olivier Laffargue, responsable des éditions Snapchat au «Monde» où six journalistes sont dédiés à Discover. «Cela nous permet de toucher une audience jeune, régulière, car les jeunes ne viennent pas naturellement sur nos antennes et le fait d’être exposé sur cet espace nous permet d’aller à eux», estime Dorothée Topin, responsable des partenariats plateformes sociales à France TV. Si les 15-34 ans représentent l’essentiel des utilisateurs, Snapchat veut sortir de son image de réseau des ados et indique que 47% des snapchatters sont parents. Fort de cette audience, Snapchat lance aussi un nouveau mode d’achat publicitaire simplifié à destination des annonceurs.