À l’occasion du lancement d’une nouvelle saison de sports mécaniques, Thomas Sénécal, directeur des sports de CANAL+, décrypte l’essor spectaculaire de la Formule 1 sur les antennes du groupe, l’arrivée d’un public plus jeune et plus féminin, et l’exigence éditoriale qui fait, selon lui, la différence. Une saison 2026 qu’il annonce «charnière», portée par un nouveau règlement… et de «nouvelles aspirations».
MEDIA +
Vous entamez votre 14ᵉ saison de Formule 1 et votre 8ᵉ saison de MotoGP sur CANAL+. En quoi cette rentrée des sports mécaniques est-elle stratégique pour le groupe ?
THOMAS SÉNÉCAL
En 13 ans, la F1 est devenue un pilier de l’offre sportive de CANAL+. En 2025, nous avons battu tous nos records, notre meilleure depuis 2013, avec 1,3 million d’abonnés en moyenne le dimanche et un titre joué jusqu’à la dernière course. Saison après saison, nous avons redonné la «fièvre du dimanche après-midi». 2026 est clé : nouveau règlement, nouvelles ambitions, nouvelles aspirations pour nos abonnés comme pour nos équipes.
MEDIA +
Comment expliquez-vous cette montée en puissance au fil des années ?
THOMAS SÉNÉCAL
Il y a eu un «miracle F1» au début des années 2020 : notre travail éditorial, l’effet de la série «Drive to Survive», la pandémie qui a relancé très vite le sport, l’arrivée d’une nouvelle génération de pilotes et l’explosion des réseaux sociaux. La saison 2021, conclue dans le dernier tour à Abu Dhabi devant 2,5 millions d’abonnés, a enclenché un cercle vertueux durable.
MEDIA +
Comment ce cercle vertueux s’est-il traduit dans vos contenus ?
THOMAS SÉNÉCAL
Tout ce que nous avons lancé depuis 2022 a trouvé son public: formats premium, expériences fortes, exploitation digitale. Nous accompagnons aussi des talents très tôt, comme la pilote Doriane Pin, suivie avant son titre mondial. CANAL+ construit des récits auxquels le public s’attache.
MEDIA +
Vous évoquez souvent la notion d’expérience pour vos abonnés..
THOMAS SÉNÉCAL
Dès 2013, nous avons lancé «On Board», un format inédit filmé depuis l’intérieur des cockpits. Pas grand public au départ, mais extrêmement fédérateur. C’est notre signature: tenter, innover, proposer une expérience immersive qui dépasse la simple retransmission. En 2025, nous avons développé le documentaire «Tour de Force», le premier format Apple Vision Pro tourné en totale immersion au Grand Prix de France MotoGP.
MEDIA +
Cette logique est-elle la même pour la MotoGP ?
THOMAS SÉNÉCAL
Oui, mais avec un temps d’adaptation. En 2019, nous découvrions cette discipline. Les fans ont été exigeants et leurs retours nous ont permis d’ajuster rapidement notre couverture. Ce dialogue constant avec le public est devenu une force. Maintenir 800.000 abonnés EN moyenne en 2025 (+18% par rapport à 2024) malgré peu de podiums français montre que la narration et la mise en scène comptent autant que le résultat.
MEDIA +
Pourquoi dites-vous que la saison 2026 marque une forme de rupture?
THOMAS SÉNÉCAL
Le nouveau règlement en F1 impose un effort de pédagogie renforcé. Si l’on ne comprend pas les règles, on ne comprend pas les enjeux. C’est une responsabilité que nous assumons pleinement, en F1 comme dans les autres sports.
MEDIA +
Au-delà des règles, qu’est-ce qui rend cette saison si «charnière» ?
THOMAS SÉNÉCAL
Parce qu’elle doit apporter davantage d’incertitude et de spectacle. L’essence même de la F1, c’est de ne pas savoir qui va gagner au départ. Et puis une nouvelle génération arrive, incarnée notamment par Isack Hadjar.
MEDIA +
Quel rôle joue le digital dans cette dynamique ?
THOMAS SÉNÉCAL
C’est un accélérateur. Une base passionnée existe déjà. Le digital permet d’amplifier les histoires et de les rendre virales. En accompagnant des jeunes talents très tôt, nous créons une proximité qui attire de nouveaux publics. Les comptes CANAL+ ont explosé en 2025 : 375 millions de vues sur les contenus Formule 1 et 250 millions de vues sur les contenus MotoGP.



































