TF1 reste dans le vert en 2020 mais voit son bénéfice net divisé par près de 3

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Bousculé par la crise sanitaire et la chute brutale du marché publicitaire, le groupe de télévision TF1 a vu en 2020 son bénéfice net divisé par près de 3 et a dû fortement couper dans sa programmation. Malgré un rebond de la publicité à partir de l’été, qui se confirme sur le quatrième trimestre, l’activité du groupe reste en baisse de 11% sur l’année à 2 milliards d’euros. 

«Ces résultats traduisent une formidable résistance de notre modèle face à une crise sans précédent» et «l’agilité de nos antennes qui a permis de réduire le coût des programmes sans détériorer nos audiences», a commenté le PDG du groupe Gilles Pélisson lors d’un point presse avec les journalistes. Le groupe a réussi à économiser 15% sur sa programmation, notamment sur le sport (l’année 2019 avait vu la diffusion de la Coupe du Monde de Rugby), les jeux mais aussi l’information (-4,5 millions d’euros), soit 152 millions d’euros lui permettant d’absorber la perte de la publicité. Son bénéfice net est en revanche divisé par près de 3 à 55 millions d’euros, lourdement affecté par une dépréciation d’actifs à hauteur de 75 millions d’euros touchant Unify, la filiale d’activités numériques du groupe, en raison d’une «restructuration plus longue que prévue». Ce pôle, qui regroupe AuFéminin, Marmiton, Doctissimo, My Little Paris ou les Numériques est toujours en déficit et son activité chute de 8% sur l’année, mais celle-ci a repris des couleurs à l’occasion des fêtes. Les revenus des studios et des spectacles pâtissent en revanche des mesures sanitaires et chutent de 21% sur l’année. Parallèlement, TF1 a annoncé être entré en négociations exclusives avec le fabricant européen – Jumbodiset pour lui céder ses filiales d’édition de jeux de sociétés TF1 Games et Dujardin, à l’origine du 1000 bornes, du Cochon qui Rit ou du jeu Burger Quiz. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé. 

Juste avant 11h00 à la Bourse de Paris, le titre du groupe TF1 s’échangeait jeudi autour de 7 euros, en baisse d’environ 2% dans un marché quasi stable (-0,12%). Interrogé sur de potentielles acquisitions de médias européens, et notamment sur les opportunités liées à la mise en vente par le groupe allemand Bertelsmann de son concurrent M6, Gilles Pélisson a affirmé qu’une consolidation du marché serait «souhaitable» pour faire face aux plateformes des géants américains qui grignotent l’audience des chaînes gratuites. En revanche, TF1 n’a entamé à ce jour «aucune négociation avec un autre acteur du secteur», a-t-il ajouté. 

Un éventuel regroupement entre TF1 et M6 serait de plus susceptible de se heurter aux règles de concurrence sur la publicité, ce qui pose selon M. Pélisson «la question du marché pertinent sur lequel on évolue» et donc la prise en compte de la publicité numérique. Par manque de visibilité sur le mois de mars après un début d’année «assez mou», TF1 n’a pas communiqué de nouveaux objectifs pour 2021 mis à part une croissance de Unify et un développement de ses productions à l’international. Le groupe espère également conquérir de nouveaux annonceurs grâce à la mise en place progressive de la publicité ciblée à la télévision, pour laquelle un second accord a été annoncé mercredi avec l’opérateur Bouygues Telecom. Il souhaite également proposer à ses actionnaires un retour du dividende, à 0,45 euro par action, en progression de 12,5% par rapport à son niveau d’avant-crise.