Trois questions à … Arielle Bélicha-Hardy, directrice du département technologies de TNS Sofres

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    TNS Sofres a présenté début avril une étude à l’échelle mondiale sur l’utilisation des mobiles. Arielle Bélicha-Hardy, directrice du département technologies de TNS Sofres, nous donne les principales conclusions de cette enquête à grande échelle.
    média+ : Pouvez-vous nous présenter l’étude de grande envergure que TNS a mené sur l’utilisation des mobiles?
    Arielle Bélicha-Hardy : Nous avons en effet mené une étude de grande envergure sur l’utilisation des mobiles chez les 16-60 ans, et ce, dans 29 pays du monde, qu’ils soient ou non équipés de téléphones portables. Cela représente environ 16 000 personnes. L’un des enseignements majeurs est que le mobile a pris le pas sur le téléphone fixe. En Europe de l’ouest, les équipements sont quasi à saturation: dans cette zone les populations ont à 90% un mobile et à 88% des fixes. Là également la dominante est le mobile. Autre caractéristique intéressante, c’est la dominante du
    prépayé, de la «carte», dans le monde.
    média+ : Vous avez également analysé les fonctionnalités et leurs utilisations sur le mobile…
    Arielle Bélicha-Hardy : En effet, nous avons regardé ce que faisaient les personnes interrogées avec leur mobile. Le premier point observé est que les téléphones intelligents type PDA communicants sont attendus par 24% des personnes interrogées, chiffre qui peut monter jusqu’à 30% dans les pays émergents parce qu’ils sont considérés comme des palliatifs de l’équipement sédentaire. Autre constatation, nous avons mesuré le taux de smart phone dans le monde: il est de 13% contre 20% en France. Si on regarde maintenant ce que propose le mobile, 41% de personnes
    interrogées déclarent avoir accès à Internet sur leur mobile, 51% en France avec un pic en Europe de l’Ouest à 61%. C’est très hétéroclite car dans les pays émergents, par exemple, il tombe à 14%. Par contre, si on en regarde l’usage, seuls 20% l’utilisent. Reste à chercher pourquoi il existe cet écart. Est-ce à cause de la presque «gratuité d’Internet» à la maison et la peur de la surtaxe sur le mobile ? Nous avons également mesuré d’autres usages. Les jeux par exemple: 74% dans le monde et 78% des personnes interrogées en France, disent en être équipés alors que «seuls» 48% dans
    le monde et 34% en France les utilisent. On se sert donc plus de la fonction jeux qu’Internet sur nos mobiles… Si on regarde la télévision et la vidéo sur mobile, 11% des mobiles en sont équipés dans le monde mais elles ne sont utilisées qu’à hauteur de 7% alors qu’en France les mobiles intégrants ces fonctions sont de 17% mais sont utilisés que par 4%. Ce qui ressort dans cette étude, c’est que dans le monde entier il y a un vrai déficit d’usage par rapport à ce qu’offrent les téléphones portables.
    média+ : Êtes-vous optimiste quant au développement d’Internet sur les mobiles ?
    Arielle Bélicha-Hardy : Ce qui est certain c’est que l’Internet mobile peine à démarrer. Peut-être que maintenant il y a des «boosters» grâce à l’arrivée des forfaits I-Phone mais pour le moment, on pense que le besoin n’est pas vraiment au rendez-vous. S’il y en a, en tout cas, il faudra des offres à bas coûts. Mais honnêtement on ne voit pas quel en serait l’élément déclencheur. Beaucoup de gens dans les pays développés, contrairement aux pays émergents, nous disent qu’ils utilisent cette fonctionnalité quand ils s’ennuient, pour passer le temps lorsqu’ils sont dans les
    transports en commun etc. Après il est possible que d’autres études (comme celle d’Ipsos/AFMM) plus récentes que la notre, aient d’autres conclusions. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de frétillements mais de là à ce qu’il se passe vraiment quelque chose de sérieux, je n’en suis pas sûre.