Trois questions à… Charles-Emmanuel Bon, directeur de développement du groupe RTL

Le Groupement de la radio numérique regroupe la plupart des radios publiques et privées ainsi que les 130 stations affiliées au SIRTI, soit 90% de l’audience. Hier, ils ont émis un communiqué de presse réclamant que le gouvernement réglemente dans le sens d’une plus grande «interopérabilité». Charles-Emmanuel Bon nous en traduit les enjeux.

média+ : Le groupement pour la radio numérique plaide pour une plus grande opérabilité. Pourriez-vous expliquer cela ?

Charles-Emmanuel Bon : Cette revendication vise à faire en sorte que l’arrêté ministériel prévoit une interopérabilité. Cette notion désigne la capacité de recevoir de la télévision mobile numérique et de la radio numérique avec un même appareil de téléphonie mobile. On pourrait considérer que la radio numérique est en concurrence avec la télévision mobile. Mais, on peut avoir une vision plus intelligente. La radio n’est pas un média exclusif. On peut marcher ou conduire quand on écoute la radio, contrairement à la télévision. Il serait plus intéressant d’avoir un seul appareil, plutôt que d’en avoir un excluant certains usages. Nous voudrions que tout converge vers un même appareil mobile. Le groupement a demandé à utiliser la norme TVMB. On y utilise un codec AAC : c’est une façon de compresser les messages audio utilisée notamment par Itunes. La qualité du son sera très bonne.

média+ : Quels sont les avantages de la radio numérique ?

Charles-Emmanuel Bon : La radio est un média très attractif. Elle bénéficie d’un affect très fort, mais le transistor se ringardise. Plus personne ne penserait à en offrir un pour Noël. Nous sommes dans un monde de convergence numérique. La radio sortira de la consommation médiatique, tout simplement parce que personne ne pourra la recevoir. La présence de données associées pourrait enrichir considérablement le flux radio. Il peut s’agir de l’affichage de pochettes de disque ou d’iconographies illustrant les propos sur les ondes. Ça pourrait prendre une grande importance. En outre, avec cette technique de diffusion, on ne fait plus référence à une fréquence mais uniquement à un programme. De même qu’on ne connaît pas la fréquence d’une chaîne de la TNT ou du satellite, on pourra sélectionner RTL sans chercher la fréquence. C’est un énorme progrès pour nous.

média+ : La réception des stations de radio sera-t-elle améliorée ?

Charles-Emmanuel Bon : On ne s’en rend pas compte à Paris, mais il y a une grande rareté du spectre. Ça permettrait d’offrir un choix plus important de radios en dehors de Paris. Il y a des villes qui ont des offres d’une dizaine de radios. La radio numérique permettrait d’offrir 30 ou 40 radios. Elle est beaucoup moins sujette aux perturbations et aux fritures quand on change de fréquences : on capte ou pas. Aujourd’hui, RTL n’est reçue que par 65% des français. La station sera présente dans bien plus d’endroits. En émission analogique, au lieu de s’additionner, les signaux se brouillent. Les régions autour de Paris ne peuvent avoir le même choix qu’à Paris car la Tour Eiffel brouille une grande région autour d’elle. A Mantes-la-Jolie, par exemple, il y a très peu de stations de radios. Au contraire, un récepteur numérique est capable de comprendre qu’il y a deux signaux, et il prend le plus clair.

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