Trois questions à … François Klein, avocat et arbitre auprès du Tribunal Arbitral du Sport

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    Le Media Club a organisé mardi matin un nouveau débat dont le thème était: «Média & sport: analyse d’un mariage mouvementé». L’occasion pour media+ de rencontrer François Klein, avocat et arbitre auprès du Tribunal Arbitral du Sport et un des intervenants de cette table ronde.

    média+ : Pour quelles raisons le sport est-il un élément clé des médias ?

    François Klein : Les trois genres qui alimentent principalement les grilles des médias sont l’information, les séries et le sport. Ce dernier est un genre qui rassemble et qui a l’avantage d’être généralement en direct et avec du suspense: on ne sait jamais comment cela se finit. C’est très attractif. Les médias développent le sport. Et vice versa.

    média+ : Est-il possible de donner une date du mariage entre les médias et le sport ?

    François Klein : Le mariage a été possible dès lors que le média télévision s’est développé, car en sport l’image est très importante et pèse plus que les commentaires. Il est en effet possible de resituer dans l’histoire le mariage entre les médias et le sport. En France, cette union peut être datée de 1984. En effet, c’est la date à laquelle «Canal +», chaîne privée et cryptée, établit son plan de développement sur le cinéma et le sport. En fait aujourd’hui, dans un débat intitulé «Sport et Médiatisation en France», il est en réalité surtout question du football et de sa retransmission, même si le rugby commence à rentrer dans les grilles de programmes dans les médias français, notamment grâce au mondial 2007. Sinon, il n’ y a que peu de places pour les autres sports dans les médias. C’est un fait.

    média+ : Il n’y a vraiment pas de places pour les autres sports en France ?

    François Klein : Il suffit de constater que dans votre journal du matin dans la rubrique sport, le seul sport mentionné est le football. Il y a un monopole. Et ce, sur tous les médias. Sur la radio également: les informations sportives mentionnent très peu les autres sports. C’est la loi du marché. Le football attire. Prenons le slogan de M6, il y a 10 ans, lors de la Coupe du Monde en France c’était: «Pas de foot !». Aujourd’hui, ils retransmettent l’Euro? Après ce sont les grands sportifs nationaux qui brillent sur la scène internationale qui peuvent amener un sport à être sous les projecteurs comme pour le cyclisme américain avec Lance Armstrong et la natation en France avec Laure Manaudou. Et ce ne sont pas les chaînes privées qui vont diversifier leurs offres en matière de sports. Cela ne leur rapporterait rien.

    média+ : La numérisation de l’audiovisuel va-t-elle avoir une incidence sur la planète sport ?

    François Klein : C’est certain, la numérisation du monde audiovisuel va avoir des incidences sur le sport. Tout d’abord en terme de qualité d?images et en possibilité. Les mordus de ce genre pourront passer leur temps à regarder leurs équipes grâce aux rediffusions, à la VOD. Sans compter qu’il y a également la révolution des écrans qui va permettre à tous de regarder sur leur mobile, sur les ordinateurs où n’importe quel autre écran, le match qui les intéresse. La télévision, en tant que support, n’a plus le monopole. Mais, grâce à l’arrivée de nouvelles chaînes par la TNT, l’offre sera certainement plus variée car il faut bien remplir les tuyaux qui se multiplient. Mais je pense que le football reste et restera le sport populaire par excellence car il offre une multitude de grosses échéances, et donc d’actualité, 10 mois sur 12.