France Info a lancé depuis le 10 novembre son émission phare «France info en Campagne». Chaque vendredi, de 8h30 à 9h30, des experts et des témoins de la vie civile débattent sur les grands thèmes de la campagne. Michel Polacco, directeur de France Info nous explique pourquoi et comment est apparue cette nouvelle façon de traiter la politique sur cette antenne.
média+ : Depuis deux semaines, tous les vendredis de 8h30 à 9h30, vous lancez une émission de débats avec des témoins et des experts autour des grands thèmes de la campagne électorale entrecoupée de reportages en France et à l’étranger. D’où vient cette idée ?
Michel Polacco : Il s’agit de faire que France Info ne soit pas qu’un robinet d’information, mais d’aménager des espaces pour dégager du sens. Lors de l’élargissement de l’Union Européenne à 25 Etats, nous avons fait les «jeudis de l’Europe». Ensuite nous avons fait les «semaines d’Asie». J’avais l’intention de poursuivre ce tour du monde. Mais pendant cette année électorale, on aurait été dans un terrible décalage avec les sujets de préoccupations de la France. En revanche, il y avait quelque chose à inventer pour la présidentielle.
J’ai toujours eu un souverain dédain pour le traitement terre à terre sans mise en perspective, sans contexte. Pour moi, une campagne électorale, ce n’est pas seulement entendre les petites phrases, les invectives ou les projets des uns et des autres. On est bien obligé de le faire, mais je pense que ça ne fait pas beaucoup avancer les choses. Si on prend le thème des 35 heures que l’on a traité vendredi dernier, on ne fait pas de débat «pour ou contre». Le sujet est : « Est-ce encore un débat ou sommes-nous dans une autre logique ? Le temps de travail est-il une nécessité concernant la gestion du temps privé ou la dureté du travail ?» Ça nous permet de nous extraire des polémiques et des aspects partisans des choses et d’entrer de manière intelligente et détachée dans le cœur des vrais débats. Nous n’amenons pas d’opinions préétablies, mais des éléments de réflexion.
média+ : La diffusion de cette émission de débat est le vendredi de 8h30 à 9h30 (rediffusion à 16h00). Pourquoi avez-vous choisi cet horaire ?
Michel Polacco: Nous avions fait les opérations précédentes entre 8h00 et 9h00. Nous avions choisi des heures de grandes écoutes. Mais on s’est dit que si nous gardions cet horaire, il fallait faire sauter l’invité du matin, les gros évènements politiques comme la désignation du candidat socialiste ce vendredi. Notre émission aurait ainsi risqué de nous gêner dans la planification de notre antenne. Nous avons donc décidé de le faire de 8h30 à 9h30. Nous sommes dans les grandes heures d’écoutes. Les gens qui ont l’habitude d’écouter une matinale très séquencée pour ne pas dire hachurée sur France Info n’étaient pas fâchés de devoir rester dans leur salle de bain ou leur voiture pour écouter une émission plus longue. Nous allons poursuivre cette manière de traiter l’information même après la campagne. C’est une évolution de la présentation de l’antenne de France Info.
média+ : Votre plateau se déplace hors de la maison de la radio. S’agit-il d’une opération difficile à mettre en place ?
Michel Polacco : Pour mes «Semaines d’Asie», j’envoyais trois reporters pendant trois semaines. Là, je n’en envoie que deux pendant une semaine. L’un, en France, l’autre à l’étranger. Les deux jours qui précèdent l’émission, j’ai une équipe de quatre personnes. Avec les techniciens, ça fait sept ou huit personnes. Nous cherchons à aller dans un lieu qui a un sens par rapport au sujet que l’on traite. Et la radio on peut en faire n’importe où. C’est très simple. Notre matériel et nos techniciens permettent de nous assurer une qualité optimale. La radio, c’est léger et moderne.


































