Les ministres du Numérique des pays du G7 commençaient jeudi à se rencontrer à Paris en marge d’un sommet qui se tiendra officiellement vendredi pour aborder les questions cruciales de sécurité de l’IA et de protection des mineurs sur internet en vue d’une position commune. Des représentants des États membres étaient notamment attendus jeudi en fin de journée lors d’un événement organisé par plusieurs associations du numérique. La réunion de vendredi, préparatoire au sommet des chefs d’État du G7 qui se tiendra à Evian du 15 au 17 juin, devrait aboutir à une déclaration commune des pays membres, espère le ministère de l’Économie, dont dépend le Numérique. Après plusieurs mois de négociations, le résultat des discussions sera dévoilé vendredi en fin d’après-midi au cours d’une conférence de presse. «Nous ferons des annonces, notamment sur la cybersécurité de l’IA», a assuré lors d’une interview la ministre française Anne Le Hénanff. Paris compte aussi sur la publication d’une position commune des pays membres sur les risques auxquels sont exposés les plus jeunes en ligne. Cette réunion «intervient à un moment clé pour le numérique mondial», a souligné Anne Le Hénanff lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, évoquant un contexte «marqué par une accélération spectaculaire des transformations technologiques, mais également des tensions géopolitiques croissantes». L’avance considérable prise par les États-Unis et la Chine dans la course à l’IA alimente en Europe les questionnements sur les dépendances technologiques et la capacité du continent à exister dans le paysage numérique mondial. Paris, qui avait vu les États-Unis refuser de signer une déclaration commune aux côtés de 160 autres pays lors du sommet sur l’IA organisé dans la capitale début 2025, assure par la voix de Bercy que les discussions actuelles «avancent bien». En plus de la déclaration principale, les discussions devraient aussi donner lieu à la publication de 4 annexes, correspondant aux quatre grands thèmes de la rencontre sur lesquels se sont accordés les pays membres. Seront notamment abordées la sécurité et la gouvernance de l’IA, l’innovation et la diffusion de l’IA dans l’économie, afin par exemple d’accélérer l’usage de cette technologie dans les petites et moyennes entreprises. La France a également intégré parmi les thèmes du G7 Numérique la protection des mineurs en ligne, en lien avec la volonté répétée du président Emmanuel Macron et de ses gouvernements successifs d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La question du numérique durable s’annonce, quant à elle, plus délicate. Si la «résilience et la durabilité du numérique» figurent bien à l’ordre du jour des discussions, la représentation française laisse peu d’espoir de voir cette thématique aboutir à un résultat commun. «Sur l’environnement, c’est peut-être là où ça va être le plus compliqué», a indiqué mercredi Anne Le Hénanff, alors que les progrès de l’IA nourrissent une demande croissante en énergie pour alimenter les centres de données, ce qui accélère la consommation de ressources rares nécessaires à de nombreux composants. «Nous sommes très soucieux du respect de l’environnement dans nos politiques technologiques, a assuré la ministre française. Mais, en G7, il y a d’autres pays et on n’a peut-être pas tous la même culture, la même approche et le même engagement sur l’environnement.» De son côté, Bercy indique que l’appellation même de la thématique de discussions («impact environnemental du numérique») avait fait office de «ligne rouge» pour les États-Unis. La France entrevoit déjà le risque que le document final consacré au numérique durable ne soit pas signé par l’ensemble des membres du G7. Le pays hôte envisage dans ce cas une publication endossée par la présidence seule.
«Malgré tout, ça permet de passer les messages, de faire avancer le sujet au niveau international», glisse le ministère de l’Économie.






























