Trois questions à… Pierre Block de Friberg, responsble du pôle documentaire à France 5

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    France 5 est le premier diffuseur national de documentaire avec pas moins de 370 heures produites et 330 heures achetées. Soit un budget consacré au documentaire de 29,8 millions d’euros. Le Sunny Side a été l’occasion pour la chaîne publique d’affirmer son attachement historique, au genre. Rencontre avec Pierre Block de Friberg, responsable du pôle documentaire de la chaîne publique.

    média+ : Pour quelles raisons France 5 s’attache tant au documentaire ?

    Pierre Block de Friberg : France 5 a toujours fait le pari du documentaire avec 50% de notre grille des programmes qui est consacré au genre. Depuis sa création, le documentaire a toujours eu une place de choix. France 5 est une chaîne alternative en matière d’offre de programmes, c’est évident: nous n’avons pas peur de mettre en prime time nos documentaires alors que ce genre est tout de même dans le paysage audiovisuel français une denrée rare. Nous voulons remplir notre mission de décryptage, de découverte. Nous voulons donner du plaisir en transmettant de la connaissance et du savoir. Documentaire, jeunesse et magazine sont les trois piliers de la chaîne.

    média+ : Quel est le type de documentaires à la mode en ce moment ?

    Pierre Block de Friberg : France 5 a le spectre le plus large en terme d’offre de documentaires. Il n’y a pas vraiment de mode de genre. On va d’une collection «Empreinte», avec la valeur forte de la transmission, au documentaire biographique ou encore au documentaire animalier comme «Gang de macaques». Pour prendre la série «Empreinte», le coût est entre 80 000 et 120 000 euros car c’est de la coproduction et on veut une exclusivité sur le territoire durant 5 ans. Il y a eu une mode des docu-fictions mais d’une part, ils sont trop couteux, et d’autre part, comme tous les phénomènes de modes, je trouve que ce type de documentaires s’essouffle. Nous ne voulons pas faire de catastrophisme.

    média+ : Qu’attendez-vous du Sunny Side ?

    Pierre Block de Friberg : Nous sommes là pour échanger avec les producteurs et tous les autres acteurs du marché. Sur les 370 heures de programmes qu’on achète ou qu’on coproduit, 45 heures sont issues de coproductions internationales (avec la BBC, National Géographic etc.). C’est beaucoup pour une chaîne comme la nôtre. Coproduire permet de trouver des financements plus importants. C’est l’une des solutions pour remedier au problème de financement. Quelque uns de nos documentaires, d’autre part, s’exportent à merveille comme pour le genre animalier. Mais il est necessaire d’avoir, aujourd’hui, une nouvelle source de financement. Les pouvoirs publics, qui se penchent sur la question actuellement, doivent augmenter nos budgets pour assurer notre pérennité. Mais ça n’a pas l’air d’en prendre le chemin.