«Un p’tit truc en plus» à Cannes: Artus savoure la montée des marches à Cannes

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«C’est génial, ils ont niqué tous les codes»: Artus savoure la montée des marches à Cannes, mercredi, de sa troupe d’acteurs en situation de handicap au coeur de «Un p’tit truc en plus», gros succès avec 3,4 millions d’entrées. Cette joyeuse bande, tout sourire, a été très applaudie et a foulé le tapis rouge au son de «Bande organisée», tube du collectif marseillais 13’Organisé, chapeauté par le rappeur-star Jul, joué par le DJ de la montée des marches. Marie Colin, une des actrices handicapées, a fait son show avec un mini-défilé au pied des marches en robe de soirée crème. «Marie, elle a la banane, il faut faire comme elle, il faut arrêter de faire la gueule», s’est réjoui l’humoriste Artus. «J’espère que ça va faire bouger les choses, il faut s’ouvrir à ces gens qu’on essaie de cacher la plupart du temps». Pour célébrer ce succès surprise au box-office, le Festival de Cannes a invité toute l’équipe de cette comédie qui prend le parti de rire avec les personnes handicapées et non à leurs dépens, à monter les marches. Artus avait publiquement regretté qu’aucune marque de luxe ne leur ait prêté de tenue. Ils ont été finalement habillés par les marques du groupe de luxe Kering. «Marie, on reste groupés quand même, là tu pars toute seule avec ton collier, on va se faire braquer», a rigolé Artus. – Dalida – Puis cette partie du casting – onze acteurs en situation de handicap et quatre classiques au total – a marché ensuite sur La Croisette jusqu’à une plage privée, au son d’une enceinte portée par un membre de la sécurité du Festival. On y a entendu un remix de Dalida, qui figure dans la B.O. du film. Un son apprécié par Stanislas Carmont, un des handicapés du film, qui est aussi une des voix du groupe de rock Astéréotypie – un collectif de chanteurs à troubles autistiques – qui a sorti le réjouissant album «Personne ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme». Ce sont les chanteurs, épaulés par des musiciens non-handicapés, qui écrivent leur texte dans ce groupe. Clovis Cornillac, qui tenait par la main Thibaut Conan, autre acteur handicapé, est revenu sur le succès «fabuleux» du film. «Plus jeune, quand ça arrive, on se dit que c’est tout le temps comme ça, mais non, avec l’âge on sait qu’il faut profiter de ces moments». Pour Marc Riso, acteur classique, c’est «la poésie» qui se dégage des 11 acteurs handicapés qui explique en partie «la magie» du film, a-t-il exposé. «Il faut que les acteurs en situation de handicap aient plus de rôles, soient plus présents, il ne faut plus avoir peur d’eux». C’est d’ailleurs ce que réclame une tribune signée par les actrices Léa Drucker, Alexandra Lamy ou encore Eric Toledano et Olivier Nakache sur le site de Libération mercredi soir, pour une «réforme du statut des intermittents du spectacle, en direction des artistes handicapés» au cinéma et à la télé. «On ne permet pas encore assez aux personnes handicapées de tenir la caméra ni d’être sous le feu des projecteurs, faute de dégager suffisamment de moyens pour enfin enclencher un cercle vertueux», y déplore le Syndicat des professionnels du cinéma en situation de handicap (SPCH). Le syndicat propose de «permettre aux professionnels reconnus travailleurs handicapés (RQTH) d’obtenir le statut d’intermittents après 250 heures annuelles (et non 507)». Et de «mieux articuler le statut des intermittents avec les aides existantes comme l’Allocation adulte handicapé – AAH». Les artistes en situation de handicap «peuvent se retrouver sans allocation pendant plusieurs mois après avoir obtenu un rôle ou un emploi sur une production», précise-t-il. Dans «Un p’tit truc en plus», Clovis Cornillac et Artus, y incarnent deux petits malfrats père et fils qui se cachent au milieu d’une colonie de vacances pour jeunes porteurs d’un handicap mental, afin d’échapper à la police.