Un tribunal zimbabwéen a relaxé une journaliste renommée qui a passé près d’un an en procès pour un article satirique critiquant le président Emmerson Mnangagwa, a annoncé l’équipe juridique de l’intéressée lundi. Faith Zaba, rédactrice en chef du Zimbabwe Independent, avait été arrêtée en juillet 2025 après avoir publié une chronique titrée «Quand vous devenez un État mafieux» dans la section satirique du journal. Les procureurs avaient inculpé Mme Zaba d’atteinte à l’autorité du président Mnangagwa, affirmant que l’article visait à susciter de l’hostilité envers le président âgé de 83 ans. Le tribunal de grande instance de Harare a rejeté les accusations vendredi, a annoncé l’organisation Zimbabwe Lawyers for Human Rights (ZLHR), qui représente Mme Zaba. La décision a été rendue en chambre du conseil et les parties attendent le jugement écrit officiel, selon la même source. «Cette décision représente une avancée majeure, non seulement pour la liberté de la presse, mais aussi pour les libertés individuelles», a déclaré Bellinda Chinowawa, directrice exécutive de ZLHR. «La police a outrepassé les limites de la loi». Mme Zaba a souligné que le jugement mettait fin à près d’un an de procédure judiciaire, marquée notamment par sa détention à la redoutable prison de haute sécurité de Chikurubi, en périphérie de Harare, et de nombreuses comparutions devant le tribunal. «Ma plus profonde gratitude à tous ceux qui m’ont soutenue, qui ont pris la parole, qui ont prié pour moi, qui ont plaidé ma cause et qui ont refusé de me laisser seule», a-t-elle écrit sur X. Des organisations de défense des droits humains et des partis d’opposition accusent le gouvernement de M. Mnangagwa d’utiliser les poursuites judiciaires pour faire taire la dissidence, une allégation que le pouvoir réfute. Un autre journaliste réputé, Blessed Mhlanga, a été arrêté pour incitation à la violence pour une interview d’un critique du parti au pouvoir qui demandait la démission du président. M. Mhlanga a fui en exil après avoir été libéré sous caution. Emmerson Mnangagwa est arrivé au pouvoir en 2017, après un coup d’État militaire qui a renversé le dictateur Robert Mugabe (1987-2017). Il a été élu président en 2018 et réélu en 2023, arrivant ainsi au maximum de deux mandats de cinq ans autorisés par la Constitution du Zimbabwe. Des voix critiques accusent M. Mnangagwa et ses alliés de chercher à prolonger son règne au-delà de 2028. Jeudi, la chambre basse du Parlement zimbabwéen a adopté un projet de loi d’amendement constitutionnel visant à prolonger le mandat de certains élus et à supprimer l’élection présidentielle au suffrage direct. Le projet de loi doit maintenant être soumis au Sénat. S’il est voté, il sera soumis à M. Mnangagwa pour approbation. Le Zimbabwe se classe au 124e rang sur 180 pays dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières. Il était 106e un an plus tôt.






























