Dans le cadre de «La 10ème Nuit de la Radio» organisée ce soir à 20h00 par la Société civile des auteurs multimédia (Scam) et l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), média+ s’est entretenu avec Pierre Bouteiller, Président de la commission des oeuvres sonores de la Scam. Il revient notamment sur le thème de la soirée : «La censure des années 40 à nos jours à la radio».
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Quels sont les enjeux de cette «10ème Nuit de la Radio» ?
Pierre BOUTEILLER
«La Nuit de la Radio» est une soirée annuelle qui démontre en quoi il existe un public fidèle au média radiophonique malgré l’émergence des nouveaux réseaux de diffusion. Face à la télévision, la radio a encore son rôle à jouer de par son immédiateté et sa simplicité de distribution. Pour cette 10ème édition, nous proposerons une programmation sonore réalisée à partir des archives de l’INA autour d’une thématique: «La censure ou l’éternel conflit qui oppose la libre pensée à l’expression officielle».
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Que pensez-vous de la liberté des ondes en 2010 ?
Pierre BOUTEILLER
Deux logiques s’affrontent : «il est interdit d’interdire», et «il est interdit ne pas interdire». Au nom du politiquement correct, on se heurte souvent à la liberté d’expression. Nous pouvons théoriquement tout dire à la radio mais en pratique, pour cause de communautarisme, il est en fait difficile de s’exprimer. A une «censure» officielle s’est substituée une sorte d’autocensure radiophonique. Pour prendre un exemple, même si «La Cage aux Folles» fait partie du patrimoine français, Jean Poiret n’aurait pu l’écrire aujourd’hui sous peine d’être taxé d’homophobe.
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La radio, dernier espace du politiquement incorrect ?
Pierre BOUTEILLER
Quand j’entends des humoristes comme Stéphane Guillon, Didier Porte ou des imitateurs comme Laurent Gerra et Nicolas Canteloup, je constate que la radio est l’un des derniers refuges du politiquement incorrect…
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Que pensez-vous de l’affaire Stéphane Guillon et Philippe Val sur France Inter ?
Pierre BOUTEILLER
Je pense que les chroniques de Stéphane Guillon ont contribué à son succès scénique. Il est dorénavant «condamné» à une surenchère permanente dans la provocation.




































