Le FBI, la police fédérale américaine, a perquisitionné mercredi le domicile d’une journaliste du Washington Post dans le cadre d’une enquête sur des fuites d’informations relevant de la sécurité nationale, ont fait savoir les deux parties.
S’il n’est pas inhabituel pour des agents du FBI de tenter d’identifier la source de fuites auprès de journalistes publiant des informations sensibles, «il est très inhabituel et agressif de la part des forces de l’ordre de mener une perquisition au domicile d’un journaliste», relève le «Washington Post». «A la demande du ministère de la Guerre, le ministère de la Justice et le FBI ont conduit une perquisition au domicile d’une journaliste du Washington Post qui recevait et faisait état d’informations classifiées et divulguées illégalement par un sous-traitant du Pentagone», a affirmé sur X la ministre de la Justice, Pam Bondi. «L’auteur des fuites est actuellement derrière les barreaux», a souligné la ministre. «L’administration Trump ne tolérera pas les fuites illégales d’informations classifiées qui, lorsqu’elles sont publiées, représentent un grave risque pour notre sécurité nationale», a-t-elle ajouté. Le «Washington Post» avait préalablement annoncé cette perquisition mercredi matin chez sa journaliste, Hannah Natanson, en Virginie, près de Washington, précisant que «son téléphone, ses deux ordinateurs portables et une montre Garmin avaient été saisis». Les agents lui ont indiqué qu’elle n’était pas la cible de leur enquête, qui vise Aurelio Perez-Lugones, un administrateur système dans une entreprise du Maryland disposant d’une habilitation «top secret», accusé d’avoir consulté et emporté chez lui des rapports de renseignement classifiés, souligne le journal.
La reporter Hannah Natanson couvre les fonctionnaires de l’administration fédérale, particulièrement secouée lors de la première année du nouveau mandat de Donald Trump, et a raconté en décembre dans les colonnes du journal comment elle avait publié son numéro sécurisé sur un forum en ligne, recueillant les témoignages de plus d’un millier de sources, rappelle le Washington Post. Aurelio Perez-Lugones, qui a servi dans la marine militaire américaine de 1982 à 2002 avant de travailler comme sous-traitant du Pentagone depuis cette date, a été arrêté la semaine dernière dans le Maryland, selon des documents judiciaires, qui ne mentionnent pas d’échanges avec des journalistes.
Une audience sur son maintien en détention est prévue jeudi à Baltimore. Bénéficiant d’une habilitation de sécurité «top secret», il est accusé d’avoir depuis octobre 2025 consulté sans autorisation des informations classifiées et en avoir emporté hors de son lieu de travail. Lors d’une fouille le 8 janvier, les enquêteurs ont retrouvé à l’intérieur de son véhicule un de ces documents dans une boîte servant à transporter son déjeuner ainsi qu’au sous-sol de sa maison. En septembre, le ministère américain de la Défense a imposé aux journalistes accrédités l’interdiction de solliciter ou publier certaines informations sans son autorisation explicite, sous peine de perdre leur accréditation.
La majorité des médias disposant d’un journaliste accrédité au Pentagone, du «New York Times» à Fox News en passant par l’Agence France-Presse, ont refusé ces nouvelles conditions, et ont ainsi quitté leur bureau sur place.



































