Elle pourrait devenir l’une des mesures phares du second quinquennat d’Emmanuel Macron: l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans arrive dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lundi, défendue par le gouvernement et le groupe Renaissance au nom de la santé des plus jeunes. TikTok, Snapchat ou encore Instagram: ces réseaux devenus omniprésents dans la vie des adolescents nuisent gravement à leur santé mentale, a alerté au début du mois l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire. Les risques listés sont nombreux, entre cyberharcèlement, comparaison permanente ou exposition à des contenus violents. Egalement pointés: les systèmes de captation de l’attention, au détriment du sommeil. «Pour moi, c’est indispensable, c’est une habitude», a raconté Louise, 14 ans, qui vit en Haute-Loire. «Quand je m’ennuie, je regarde des vidéos pour me détendre.» C’est «tous les jours, matin, midi et soir», témoigne aussi Shay, 13 ans. La proposition de loi du groupe de Gabriel Attal entend aussi étendre l’interdiction, dès la rentrée 2026, des téléphones portables pour les élèves au lycée comme dans les écoles et collèges. Alors qu’un projet de loi gouvernemental avait été annoncé, contenant ces mêmes mesures chères au président de la République, l’exécutif a dit cette semaine être prêt à se ranger derrière le texte porté par la députée Laure Miller, qui a mené une commission d’enquête sur le sujet. Il n’y a «jamais eu» de «hache de guerre» entre elle et le gouvernement, a-t-elle assuré à des journalistes vendredi. «C’est plutôt deux démarches parallèles mais qui se sont réunies.» Pour afficher l’entente trouvée, la députée a visité cette semaine, aux côtés des ministres du Numérique Anne Le Hénanff et de la Santé Stéphanie Rist, le service addictologie de l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif, où sont suivis des adolescents. «Les réseaux sociaux +romantisent+ pas mal la drogue», a témoigné une jeune patiente devant les ministres. «Ça peut pousser à la conso(mmation).» Pour montrer son soutien, Emmanuel Macron a enregistré une vidéo, diffusée samedi, où il a annoncé que le gouvernement engagerait la «procédure accélérée» au Parlement pour que le texte puisse entrer en vigueur à la rentrée prochaine.


































