Affaire Disclose : la justice ordonne la reprise des investigations sur les sources

Affaire Disclose : la justice ordonne la reprise des investigations sur les sources

La cour d’appel de Paris a ordonné la relance des investigations sur les sources du média Disclose, infirmant l’ordonnance qui avait renvoyé un militaire pour compromission et octroyé un non-lieu à la journaliste Ariane Lavrilleux, selon une source judiciaire.

Les motivations de la chambre de l’instruction n’ont pas encore été précisées, ont indiqué des sources proches du dossier.

L’ordonnance pour cette information judiciaire, portant sur plusieurs articles publiés par Disclose au sujet de ventes d’armes françaises à l’étranger, avait été rendue en octobre 2025, puis frappée d’un appel du parquet général.

Ariane Lavrilleux, qui n’a jamais été mise en examen dans ce dossier, et l’ingénieur militaire contestent toute infraction.

Leurs avocats n’ont pas souhaité s’exprimer à ce stade.

Le dossier avait particulièrement marqué la profession journalistique après la perquisition et le placement en garde à vue, en septembre 2023, d’Ariane Lavrilleux, co-autrice des articles.

La journaliste avait finalement échappé à une mise en examen début 2025, placée sous le statut de témoin assisté. A l’issue des investigations, la juge d’instruction avait ordonné un procès pour compromission du secret de la défense nationale contre l’ingénieur militaire qu’elle présente comme la source de Disclose.

Mais la juge avait prononcé un non-lieu pour la journaliste, estimant que les articles qu’elle a cosignés sont «d’intérêt général, intéressant le public et le débat démocratique».

Le parquet général avait fait appel, expliquant qu’il considérait «nécessaire que la chambre de l’instruction, en tant que second degré de juridiction, puisse se prononcer sur (…) les enjeux en termes de conciliation de la liberté de la presse et du respect du secret de la défense nationale».

En mai, lors de l’examen à la chambre de l’instruction, le parquet général a donc demandé une autre lecture du dossier, estimant qu’il existait des éléments pour poursuivre Ariane Lavrilleux, avaient indiqué des sources proches du dossier.

D’après ces sources, le parquet général estimait aussi n’avoir pu pleinement poursuivre le militaire, en raison d’une enquête incomplète, notamment sur la provenance des informations publiées et sur les autres journalistes ayant co-signé les articles.

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