À travers sa dernière étude, Havas Market a souhaité se pencher sur la relation des Français avec les assistants IA, à l’heure de l’essor de l’IA générative. L’occasion pour media+ de décrypter ces nouveaux usages avec Pauline Dauvel, Directrice générale de Havas Market France.
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Les IA s’imposent dans le quotidien des Français. Quels sont les usages ?
Pauline DAUVEL
Ce que nous constatons avec cette deuxième édition de notre étude, c’est que l’IA générative a franchi un cap en matière d’adoption. Aujourd’hui, deux tiers des Français utilisent ces outils, et cette progression est avant tout portée par les usages personnels. ChatGPT reste largement dominant et constitue le premier réflexe de l’immense majorité des utilisateurs. Mais le marché se structure : Gemini enregistre une forte progression, tout comme Claude. Les Français utilisent désormais deux outils d’IA en moyenne. Enfin, cette étude revêt une dimension particulièrement stratégique par son calendrier. Google vient d’annoncer le lancement, cet été en France, d’AI Overviews et d’AI Mode. Concrètement, le moteur de recherche évolue d’un outil d’indexation vers une interface conversationnelle et générative. C’est un véritable changement de paradigme pour nos métiers : les règles de la visibilité et de la performance vont être profondément rebattues.
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Entre usage gratuit et payant, comment se positionnent les Français ?
Pauline DAUVEL
Aujourd’hui, l’IA reste un usage de masse, très largement gratuit. La grande majorité des utilisateurs de ChatGPT ou de Gemini n’a pas encore basculé vers les versions payantes : nous sommes toujours dans une phase d’adoption et de découverte. Un signal est toutefois intéressant du côté des jeunes adultes. Les 18-34 ans sont nettement plus enclins à souscrire aux versions premium. Cette génération a intégré ces outils à son quotidien et se montre prête à investir pour en tirer davantage de valeur. Pour les marques, c’est un indicateur avancé : les audiences premium commencent déjà à se dessiner.
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Les 18-34 ans sont-ils moteurs de cette transformation des usages ?
Pauline DAUVEL
Sur la recherche d’information, oui, le basculement est net. Plus de la moitié des 18-34 ans se tournent d’abord vers une IA conversationnelle pour rechercher une information, devant le moteur de recherche traditionnel. C’est la première fois que nous observons une telle inversion des usages. Les requêtes effectuées via ces nouvelles interfaces sont, en moyenne, trois fois plus longues. Nous passons d’une recherche par mots-clés à l’expression d’un besoin complet et contextualisé. Pour les marques, cela signifie qu’il faut repenser en profondeur la manière de structurer et de rendre leurs contenus accessibles. Mais notre étude montre également que cette transformation ne concerne pas uniquement les jeunes générations. Les 55 ans et plus affichent eux aussi une progression significative. Il s’agit d’une tendance de fond qui touche désormais l’ensemble des publics.
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Un paradoxe apparaît : l’IA est utilisée pour rechercher de l’information, mais la confiance reste fragile. Comment l’expliquez-vous ?
Pauline DAUVEL
Je parlerais plutôt d’une confiance en construction. Un tiers des utilisateurs jugent les IA plus fiables que les moteurs de recherche et les médias traditionnels, tandis que près de la moitié les considèrent tout aussi fiables. Nous ne sommes donc pas dans une logique de défiance. Il s’agit plutôt d’une confiance conditionnelle : les utilisateurs adoptent massivement ces outils tout en restant vigilants quant à leur neutralité. Et ce qui ancre durablement les usages, c’est la satisfaction : deux tiers des utilisateurs se déclarent satisfaits des réponses obtenues.
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Les Français sont-ils prêts à déléguer leurs achats à une IA ?
Pauline DAUVEL
Oui, mais pas à n’importe quelles conditions. Pour un produit déjà choisi, le niveau d’acceptation est élevé, autour des deux tiers. En revanche, dès lors qu’il s’agit de confier à l’IA le choix d’un produit, puis son achat, ou encore la gestion d’achats récurrents, les réticences apparaissent. Le consommateur souhaite rester maître de sa décision. C’est un signal fort : la relation de confiance avec l’IA se construit progressivement, sur des périmètres maîtrisés.






























