«Accès souverain à l’espace» : ArianeGroup met en garde contre la dépendance à SpaceX

«Accès souverain à l’espace» : ArianeGroup met en garde contre la dépendance à SpaceX

Le nouveau patron d’ArianeGroup a assuré que la fusée Ariane 6 serait disponible pour lancer les satellites militaires allemands et mis en garde les Européens contre le choix de SpaceX d’Elon Musk qui pourrait menacer «l’accès souverain à l’espace», dans une interview publiée ce jeudi 23 avril.

Interrogé pour savoir si Ariane pouvait assurer la capacité européenne alors que l’armée allemande compte envoyer à elle seule 47 satellites d’ici à 2029, Christophe Bruneau a qualifié ces craintes de «fake news» dans un entretien conjoint aux quotidiens économiques français les Echos et allemand Handelsblat.

«Il y aura de la disponibilité à partir de 2028. Ariane 6 a été créé pour garder une autonomie d’accès à l’espace des Européens, donc aussi des Allemands», a-t-il déclaré.

Alors que l’équipe d’Ariane prévoit de doubler ses lancements en 2026 à «7 à 8» pour arriver ensuite à une dizaine par an, Ariane 6 peut «mettre avec un tir, plus de 30 satellites pour une constellation en orbite basse. C’est ce que nous faisons actuellement pour la constellation d’Amazon», a-t-il détaillé.

Face à des «prix cassés» proposé par Elon Musk en Europe, «nous demandons une préférence européenne pour les lancements institutionnels en Europe», a-t-il ajouté.

«Demain, si notre concurrent américain décide de ne pas lancer untel ou untel, il fermera le robinet! C’est ce que représente la valeur d’Ariane 6: une voie indépendante pour lancer des satellites pour la recherche, les télécoms mais aussi le militaire. L’accès souverain à l’espace vaut de l’or», a martelé le patron d’ArianeGroup.

Tout en déclarant que réduire les coûts était «une de ses priorités», il a souligné la capacité d’Ariane de mettre des satellites sur orbite «avec une précision d’horloger suisse» ce qui permet d’économiser du carburant et de prolonger la durée de vie du satellite.

Christophe Bruneau qui a la double nationalité française et allemande, et a fait une bonne partie de sa carrière en Allemagne, a également souligné qu’il souhaitait «renforcer l’adhésion allemande» à ArianeGroup, coentreprise entre Airbus et Safran, jugée «trop française».

Une participation de l’Etat allemand dans son capital n’est toutefois «pas sur la table», a-t-il dit.

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