Trois questions à… Amandine Cassi, Responsable d’études à Médiamétrie

Amandine CASSI, Responsable d’études à Médiamétrie, et Sheily LEMON, Consultante à IMCA (International Media Consultants Associés) ont présenté hier les Tendances TV Internationales pour la saison 2006/2007 de NOTA, le service de veille des nouveaux programmes dans le monde. L’analyse des nouveaux programmes de cette mi-saison lancés dans les 9 pays couverts par l’étude NOTA fait apparaître un phénomène marquant, commun à tous les genres: la recherche de la simplicité pour plus d’efficacité. Cette simplicité se traduit aussi bien dans les principes, les formats que dans les messages et valeurs véhiculés.

média + : Quels sont les faits marquants sur les programmes?

Amandine Cassi : Il y a une hausse des programmes factuels et un recul sur les nouveaux titres de fiction et de divertissement. Il ne faut toutefois pas faire de conclusion hâtive sur la fiction puisque jusqu’à présent elle a le vent en poupe, il y a vraiment une tendance lourde depuis plusieurs saisons notamment depuis 2004-2005. S’il y a un recul des nouveaux titres cela s’explique par des raisons saisonnières. Les périodes les plus propices pour lancer des nouveaux programmes de fiction sont plutôt des périodes de rentrée et les périodes estivales. A la rentrée dernière il y avait une augmentation de 5% des nouveaux titres de fictions, et depuis 2004, sur les périodes estivales il y a en moyenne une augmentation de plus de 20%. En terme de programmes factuels, ce sont des séries courtes, et le Royaume-Uni est très productif en terme de documentaires, ça joue aussi énormément.

média+ : Comment interpréter la hausse des magazines et documentaires?

Amandine Cassi : Il y a beaucoup de magazines et de documentaires qui continuent à alimenter les programmes de services pour aider les téléspectateurs à mieux manger, à mieux se sentir. Ce sont des programmes assez courts, or nous parlons en terme de nouveaux titres, il faudrait également comparer en terme de volume d’heures. C’est un phénomène que nous observons en permanence depuis plusieurs saisons, et ce sont toujours les programmes factuels, renouvelés régulièrement, qui alimentent les nouvelles grilles. Ce sont des séries courtes en général, des programmes de 3 à 6 épisodes maximum.

média+ : L’étude semble montrer que la tendance des télés internationales est d’aller vers plus de simplicité, pouvez-vous nous préciser ?

Amandine Cassi : Nous retrouvons des programmes plus simples dans la forme pour des contenus plus efficaces. Par exemple, un certain nombre de divertissements et de magazines ont un point commun, c’est que les téléspectateurs sont au centre des programmes, ils sont acteurs, auteurs et parfois même réalisateurs ou journalistes. C’est le cas dans le magazine «Homemade» (UK – Channel 4) qui présente des vidéos amateurs sélectionnées via Internet par les téléspectateurs eux-mêmes. Le programme est exclusivement composé de ces vidéos. C’est un des moyens de mettre le téléspectateurs au centre des programmes tout en réduisant les coûts de production. Il en est de même pour l’émission «I was there-The people’s review» (UK), produite par Endemol, un magazine d’information qui a été diffusée sur ITV 1 qui revient sur l’actualité 2006 avec un angle non traditionnel, car l’actualité est vue par ses témoins qui sont eux filmés par les téléspectateurs via leur propre matériel. Il y a un jeu qui vient d’être lancé aux Etats-unis, «Are you smarter than a 5th Grader?» (Fox). Endemol France est en train de développer une adaptation. Ce jeu a battu un record aux Etats-Unis, il y a eu 27 millions de téléspectateurs le jour de la première. C’est le meilleur lancement de Fox en 13 ans. Le jeu a déjà été vendu dans de nombreux pays notamment en Australie, aux Philippines et au Brésil.

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