Trois questions à … Véronique Cayla, directrice générale du Centre National de la Cinématographie (CNC)

La semaine dernière, le Centre National de la Cinématographie (CNC) dévoilait les 23 projets retenus qui s’inscrivent dans l’«aide aux projets pour les nouveaux médias, le cinéma et la télévision» de l’institution. L’occasion pour la directrice générale du CNC, Véronique Cayla, de revenir sur ce dispositif d’aide expérimenté pour la première fois en 2007 pour des projets destinés spécifiquement à Internet et aux écrans mobiles.

média + : Pouvez-vous nous présenter la démarche du CNC sur les questions de création et de diffusion sur les nouveaux réseaux et médias numériques ?

Veronique Cayla : Le CNC veut stimuler la création française et européenne. Il a un rôle important à jouer afin d’impulser la réflexion et d’encourager les expérimentations en accompagnant le risque financier qu’implique l’investissement de ces nouveaux supports. L’année dernière, nous avons donc mis en place une aide aux projets conçue pour une exploitation multi supports, dans un souci de décloisonnement entre le cinéma, l’audiovisuel et le multimédia. Il a rencontré un vif succès puisque plus de 160 dossiers nous ont été proposés.

média + : Qu’attendez-vous de la version 2008 de cette aide au développement pour les nouveaux médias ?

Veronique Cayla : Nous reconduisons cette année cette aide à l’écriture et au développement de projets multi plateformes. J’espère qu’elle suscitera encore plus de concepts audacieux et inventifs, jouant des complémentarités éditoriales entre les médias et utilisant les capacités interactives des nouveaux médias. J’espère tout particulièrement que les auteurs et producteurs de longs métrages auront le souhait de s’emparer de ce dispositif de manière plus prononcée. Des exemples récents, surtout étrangers, montrent combien certains films de fiction peuvent être au coeur d’une stratégie éditoriale plus large, incluant les nouveaux supports de diffusion. En 2008, nous désirons mettre l’accent sur le développement et la production de contenus créatifs destinés spécifiquement aux nouveaux écrans.

média + : 2008 est aussi l’année d’une autre expérimentation pour le CNC…

Veronique Cayla : En effet, avec l’appel à projets pour l’exploitation d’oeuvres françaises et européennes en VoD, que nous lançons cette année pour la première fois, nous visons le même objectif de diversité culturelle. Nous sommes tous conscients que le développement des offres «délinéarisées» est une mutation fondamentale dans la diffusion des oeuvres. Et pourtant, nous constatons tous que le développement de la vidéo à la demande est un peu moins rapide que ce qui avait été anticipé il y a quelques années. Les raisons sont nombreuses: insuffisante fluidité du marché des droits, inertie des usages des consommateurs, prégnance de la piraterie, incertitudes sur les modèles économiques, etc. Les pouvoirs publics travaillent à contribuer à lever ces freins, en concertation avec l’ensemble des professionnels. Parallèlement, l’incitation financière que nous mettons en place avec cet appel à projets VoD, vise à favoriser l’exploitation des oeuvres européennes et la diversité de l’offre sur les différentes plates-formes – sur Internet et sur la TV sur IP, voire à l’avenir sur les écrans mobiles.

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