Tout comme l’Australie qui interdit depuis fin 2025 les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, un nombre croissant de pays entendent restreindre l’accès des mineurs aux TikTok, Instagram et autre Snapchat. La France, où une proposition de loi est en cours d’examen, fait «pression» pour aboutir à un dispositif d’interdiction coordonné au niveau européen alors que la Commission européenne vient de lancer une application de vérification d’âge destinée à «mettre les enfants à l’abri des contenus dangereux», selon sa présidente, Ursula von der Leyen. Les pays de l’UE ne sont pas les seuls à vouloir corseter ou bannir l’usage des réseaux sociaux par les adolescents. On recense actuellement au moins 16 pays où des restrictions d’usage sont en préparation voire déjà appliquées.
– Contrôles déjà en vigueur : Dans cette catégorie se trouve, outre l’Australie, le Brésil avec une loi, entrée en vigueur en mars, limitant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, pour les empêcher de voir des contenus violents ou illégaux. Cette loi oblige les plateformes à relier les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents et contraint les plateformes à vérifier de manière «fiable» l’âge des utilisateurs. L’Australie interdit depuis décembre 2025 les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Fin mars, l’autorité de régulation a menacé de sanctions les géants de la tech ne respectant pas l’interdiction. En Chine, l’accès des mineurs aux réseaux sociaux a été progressivement limité et encadré depuis 2019 avec restrictions horaires et couvre-feux pour les jeux en ligne dans un 1er temps, puis à partir de 2023 pour les réseaux sociaux et plateformes de streaming. Un «mode mineur», devenu obligatoire en avril 2025, permet de filtrer les contenus, limiter les heures passées sur internet et d’imposer des couvre-feux numériques. L’Indonésie interdit, depuis fin mars, les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, invoquant les menaces de pornographie, cyberharcèlement, fraude en ligne et dépendance à internet.
– Restrictions annoncées : Le gouvernement grec a annoncé début avril vouloir interdire à partir du 1er janvier 2027 l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Autriche espère quant à elle présenter «dès cet été» une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 14 ans. La Norvège a engagé une consultation publique en 2025 sur une nouvelle loi qui interdirait aux réseaux sociaux d’offrir leurs services aux moins de 15 ans, tandis que le Danemark a annoncé en octobre qu’il proposerait d’interdire «plusieurs réseaux sociaux» aux moins de 15 ans. La Slovénie prépare un projet de loi d’interdiction aux moins de 15 ans, tandis qu’en Allemagne, où le chancelier Friedrich Merz s’est déclaré favorable à une restriction voire interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, une commission d’experts doit faire des recommandations d’ici l’été. Au Royaume-Uni, le gouvernement travailliste attend les conclusions d’une consultation pour légiférer. En Inde, le gouvernement a annoncé en février discuter avec les plateformes de réseaux sociaux sur de futures restrictions.
– A l’examen au parlement : En France, une proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, a été adoptée en janvier par l’Assemblée. Mais le texte a été modifié par le Sénat pour ne prévoir que l’interdiction des plateformes les plus nocives. Députés et sénateurs devront se réunir en CMP pour s’accorder. Au Portugal, une proposition de loi déposée en février fixe à 16 ans la «majorité numérique pour l’accès autonome aux plateformes, services, jeux et applications». En Espagne, un projet de loi dévoilé en mars 2025 prévoit de porter à 16 ans l’âge minimum pour s’enregistrer sur un réseau social. Enfin en Italie, une proposition de loi prévoit d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et de n’autoriser les 15 à 18 ans qu’après consentement parental.



































