ARTE annonce la diffusion dès le mercredi 11 mars 2026 sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d’ARTE, d’«Une histoire de la musique d’ascenseur», un documentaire sur les origines de la musique d’ambiance.
On l’entend partout mais on ne l’écoute pas : derrière la musique qui inonde nos supermarchés, nos boutiques de prêt-à-porter, nos restaurants ou nos parkings, se cache un dispositif dont le succès mondial relève autant du miracle que de l’anomalie… C’est au début des années 1930 qu’un général de l’armée américaine fonde Muzak, une société qui diffuse de la musique dans les ascenseurs, afin d’en apaiser les passagers, mais surtout dans les usines, afin d’accroître la productivité des travailleurs.
Aujourd’hui, les musiques d’ambiance s’imposent dans la plupart des lieux de vente et de consommation, cumulant même des milliards d’écoutes sur les plateformes de streaming. Comment la muzak s’est-elle échappée de nos ascenseurs pour envahir à ce point nos téléphones, nos villes et nos vies ? Contraction de «musique» et «Kodak», pour le déclic qu’elle est censée déclencher dans la tête de l’auditeur, la muzak submerge le continent nord-américain dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, avant de s’exporter en Europe puis dans le monde entier : centres commerciaux, halls d’hôtels, bureaux de banque, aéroports, avions au sol, stations-services, salles d’attente, hôpitaux, funérariums… Elle est supposée faciliter le quotidien, nous rassurer, alléger le travail, stimuler nos pulsions d’achat. Une idéologie dénoncée par des artistes radicaux, tel Brian Eno qui en prend le contrepied pour inventer, à la fin des années 1970, l’ambient music. Les musiques d’ambiance sont aujourd’hui omniprésentes : sur les plateformes de streaming où elles sont massivement écoutées, dans les boutiques où elles contribuent aux stratégies de marketing sensoriel.
Illustré par des images d’archives rares, éclairé par les interventions de la philosophe Pauline Nadrigny, l’écrivain Jacques Attali, le journaliste Sophian Fanen, les universitaires britanniques Toby Dubois-Heys et Paul Rekret, ce documentaire propose une véritable réflexion, historique et sociale, sur les formes et usages de cette musique dite «fonctionnelle». Il en analyse également les ressorts esthétiques en offrant la parole à des musiciens – parmi lesquels le compositeur français Jean-Michel Jarre – et en interroge les effets à travers le témoignage de professionnels du secteur, mais aussi de ses détracteurs, ainsi que des employés de supermarché confrontés quotidiennement à cette musique.
Une histoire de la musique d’ascenseur décrypte également les stratégies contemporaines des plateformes de streaming à l’aune des playlists de « mood music » : musique pour travailler, musique pour dormir, musique pour calmer son chat, etc.
À l’heure de l’avènement de l’IA, ce genre musical qui avait vidé la musique de son âme est en effet loin d’avoir dit son dernier mot…Un documentaire écrit et réalisé par David Unger et coproduit par ARTE France et Oléo films.


































