L’autorité de régulation des médias du Burkina Faso a infligé au groupe français Canal+ une amende de 50 millions de francs CFA (76.200 euros) pour ne pas avoir donné d’accès gratuit aux chaînes de la télévision nationale, selon l’Agence de presse burkinabè (AIB).
Le Burkina Faso est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par coup d’État en septembre 2022.
Il mène une politique souverainiste et se montre hostile vis-à-vis des médias occidentaux, dont beaucoup sont suspendus, accusés de désinformation dans leur traitement de l’actualité du pays, notamment sur la situation sécuritaire.
Selon l’AIB, le Conseil supérieur de la communication (CSC) a sanctionné Canal+ pour «non-respect de ses obligations conventionnelles relatives à l’accessibilité des chaînes publiques nationales sur le territoire burkinabè».
Le Burkina impose au groupe français, dont les bouquets sont très populaires en Afrique, de fournir un accès gratuit et sans conditions aux chaînes de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) pour ses abonnés résidant dans le pays. Depuis février 2024, une convention signée entre l’instance de régulation et Canal+ International oblige ce dernier à maintenir la diffusion des chaînes publiques nationales, même en cas d’expiration des abonnements. «Malgré l’octroi d’un délai supplémentaire pour des ajustements techniques, puis une mise en demeure adressée en avril 2025, le CSC dit avoir constaté la persistance de blocages», a rapporté l’AIB.
Un nouveau délai de 30 jours a été accordé à Canal+, qui s’expose à des «sanctions de degré supérieur» en cas de non-diffusion des chaînes publiques, prévient le CSC.
Depuis fin 2022, presque tous les médias occidentaux, dont les Français RFI et France 24, ont été suspendus de diffusion au Burkina Faso et plusieurs correspondants ont été expulsés du pays.
En mai, la chaîne francophone TV5Monde a été interdite de diffusion pour des «fautes portant sur la désinformation et l’apologie du terrorisme, qui ont été relevées dans plusieurs éditions du journal télévisé, d’avril à mai 2026», dans le traitement des violences jihadistes au Mali voisin. La junte mène une politique très répressive contre toute voix dissidente, en particulier celles qui dénoncent la situation sécuritaire toujours particulièrement dégradée dans le pays, miné par des violences jihadistes meurtrières.






























