La cour d’appel de Douai a condamné un journaliste de «Charlie Hebdo» et son ex-directeur de publication, Philippe Val, pour diffamation envers l’urologue Brigitte Mauroy, accusée en 2008 par le journal de «justifier» l’excision, a-t-on appris jeudi. La cour d’appel a condamné Philippe Val et Antonio Fischetti, chroniqueur scientifique au journal satirique, à s’acquitter d’une amende de 2.000 euros chacun et à verser solidairement 10.000 euros à la plaignante. Mme Mauroy, nièce de Pierre Mauroy, réclamait plus de 70.000 euros. Dans un article paru le 5 mars 2008, le journaliste dénonçait quelques lignes d’un chapitre du Dictionnaire de la sexualité humaine (2004) signé par Brigitte Mauroy. L’urologue écrivait, à propos du capuchon du clitoris, que «ce repli peu développé chez les occidentales est beaucoup plus long chez certaines asiatiques ou africaines, ce qui fait procéder à une circoncision». Antonio Fischetti l’avait accusée de «se rendre complice de mutilations sexuelles» en légitimant, «par maladresse ou en toute lucidité», l’ablation des clitoris prétendument hypertrophiés.
Les juges d’appel ont estimé que «Charlie Hebdo» avait porté «atteinte à l’honneur et à la considération» de Mme Mauroy, qui «a toujours fait sienne la lutte contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines».




































