À l’occasion du premier anniversaire de RMC Gold, Grégory Caranoni revient sur le lancement et les ambitions de cette webradio musicale. Entre stratégie digitale, éditorialisation forte et volonté d’incarnation, il détaille les clés d’un succès rapide sur un marché pourtant très concurrentiel.
MEDIA +
RMC Gold fête sa première année d’existence. Quel bilan tirez-vous de cette webradio, tant en termes d’audience que de positionnement éditorial ?
GRÉGORY CARANONI
En termes d’audience, nous avons réalisé une très belle année. On a cumulé plus de 6 millions d’écoutes. Cela signifie, d’une certaine manière, que plus de 6 millions d’auditeurs ont chanté avec nous sur cette première année, ce qui est déjà un très beau bilan. Il faut rappeler que RMC était la seule grande radio à ne pas avoir de «petite sœur» musicale, contrairement à RTL avec Fun Radio, ou encore Europe 1 avec Europe 2 et RFM. Nous avons donc fait le choix de nous positionner directement sur le digital, en cohérence avec les usages de nos auditeurs, qui sont relativement jeunes et très consommateurs de contenus numériques. Résultat : nous sommes entrés rapidement dans le Top 10 des webradios en France, avec une 7e place aujourd’hui. C’est un très bon bilan pour une radio lancée il y a à peine un an, sans réseau FM ni historique musical.
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RMC Gold semble avoir trouvé son public. Comment expliquez-vous ce succès rapide sur un marché pourtant très concurrentiel ?
GRÉGORY CARANONI
Le succès est assez simple à expliquer. Nos auditeurs passent leur temps entre le débat, le sport et l’information… et ils ont aussi besoin de se divertir, de se changer les idées dans un monde qui peut être anxiogène. RMC Gold est justement cette «bulle» que nous leur proposons. Pour les auditeurs de RMC, c’est extrêmement simple : il suffit de changer de player sur l’application. Et pour les autres, la notoriété s’est construite progressivement, je sais même que certains acteurs de la concurrence nous écoutent. Ensuite, il y a évidemment la programmation musicale. En se positionnant sur les années 80-90, on touche à des «madeleines de Proust». Céline Dion, Oasis, ou encore des titres qui ont bercé l’enfance ou l’adolescence de plusieurs générations… C’est une radio que l’on peut écouter en famille, dans la voiture, le week-end ou le matin au réveil.
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RMC est historiquement une radio de talk. Comment cette offre musicale s’inscrit-elle dans l’ADN global de la marque ?
GRÉGORY CARANONI
RMC, c’est avant tout l’interactivité. Et nous avons tenu à préserver cet ADN au sein de RMC Gold. Contrairement à certaines radios musicales qui proposent un flux continu sans réelle promesse éditoriale, nous avons fait le choix d’éditorialiser fortement notre antenne. Chaque moment de la journée correspond à une ambiance, à une intention. Le matin, par exemple, nous proposons des titres dynamiques pour bien démarrer la journée. En fin de matinée, nous sommes sur des morceaux plus «feel good». L’après-midi, nous pouvons aller chercher des titres plus surprenants, parfois oubliés. En fin de journée, on peut aller vers quelque chose de plus rock. Et dès 22h, la libre antenne de Max avec un numéro WhatsApp pour interagir en direct en plus du standard, et la liberté d’expression digne de la libre antenne! Autrement dit, ce n’est pas un robinet de musique. C’est une radio pensée, incarnée, avec une vraie promesse éditoriale.
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Vous lancez trois nouvelles émissions pour cet anniversaire. Quelle est la stratégie derrière cet enrichissement de la grille ?
GRÉGORY CARANONI
Le principe est simple : coller aux attentes des auditeurs. On a parfois tendance à l’oublier, mais tout ce que nous faisons, que ce soit sur RMC ou RMC Gold, est pensé pour eux. Avec ces nouvelles émissions, nous souhaitons renforcer l’accompagnement tout au long de la journée, avec davantage de voix, davantage d’incarnation. Par exemple, la matinale «Morning Gold!» avec Matthieu Rouault proposera bien sûr de la musique, mais aussi des chroniques, des cartes blanches, et même des jeux avec à la clé des objets emblématiques des années 80-90, des séjours ou encore des enceintes connectées. L’objectif est de recréer une vraie convivialité. Nous lançons également «Le Sampler», présenté par Lemu, une émission dédiée à l’histoire des samples, ces morceaux réutilisés notamment dans le hip-hop, qui apporte une dimension plus culturelle et pédagogique à l’antenne. Enfin, une nouvelle tranche entièrement consacrée aux années 90 vient compléter la grille en début de soirée, pour prolonger l’expérience nostalgique autour de cette décennie très fédératrice.
MEDIA +
Quelle place occupent aujourd’hui les webradios dans la stratégie de développement de RMC, notamment face aux plateformes de streaming ?
GRÉGORY CARANONI
Les webradios sont au cœur de notre stratégie. D’ailleurs, tout est parti d’une contrainte : la Coupe du monde au Qatar, en plein mois de décembre, qui perturbait notre grille habituelle. Nous avons alors décidé de créer une radio 100% digitale dédiée. Et cette logique s’est étendue. Aujourd’hui, nous avons développé 17 radios digitales en quatre ans, autour d’événements comme Roland-Garros, le Tour de France ou encore la CAN. Nous avons même accompagné des opérations comme la radio des Restos du Cœur. C’est une stratégie quotidienne qui vise à enrichir l’offre et à s’adapter aux usages.
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Comment vos radios digitales sont-elles principalement consommées aujourd’hui ?
GRÉGORY CARANONI
Principalement via l’application, le site… mais aussi via Apple CarPlay, ce qui est essentiel. Cela nous permet d’être présents dans la voiture, un lieu d’écoute clé pour la radio. C’est un enjeu majeur, car historiquement, la FM et le DAB+ dominaient cet usage. Aujourd’hui, le digital permet aussi d’y accéder.



































