Chine: le journaliste Hu Xijin, héraut du nationalisme chinois annonce son départ à la retraite

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Le journaliste Hu Xijin, héraut du nationalisme chinois qui n’a pas hésité à comparer la Grande-Bretagne à «une chienne» ou l’Australie à «un chewing-gum», a annoncé jeudi son départ à la retraite. 

A 61 ans, Hu Xijin quitte ses fonctions de rédacteur en chef du quotidien «Global Times», publié à la fois en chinois et en anglais, mais continuera à y écrire des commentaires, a-t-il précisé sur le réseau social Weibo. «Je continuerai à travailler de toutes mes forces pour (défendre) l’information et le travail d’orientation de l’opinion publique pour le Parti» communiste chinois (PCC), a-t-il annoncé aux 24 millions de personnes qui le suivent sur Weibo.

Depuis son arrivée à la tête du journal en 2005, et surtout depuis celle du président Xi Jinping au pouvoir fin 2012, le «Global Times» s’est fait une spécialité de la dénonciation des pays occidentaux, particulièrement de leurs médias, accusés de biais anti-chinois systématique. Le journal est une filiale du «Quotidien du Peuple, lui-même principal organe du PCC au pouvoir. Il n’hésite pas à plaider pour le recours à la force contre Taïwan ou le voisin indien quand ceux-ci osent défier Pékin. Mais Hu Xijin a aussi porté le fer sur Twitter, réseau social pourtant banni de Chine par le même Parti communiste. Il y compte 460.000 abonnés, son journal 1,8 million. Son influence lui a valu d’être considéré comme l’inspirateur des «loups combattants», cette nouvelle race de diplomates chinois qui manient volontiers l’invective. 

L’an dernier, Hu Xijin comparait l’Australie à «un chewing-gum collé sous la semelle de la Chine» après que Canberra eut appelé à une enquête internationale sur l’origine du Covid-19, apparu en Chine à la fin de 2019. 

L’été dernier, lorsque la marine britannique empruntait des eaux revendiquées par Pékin, Hu Xijin qualifiait la Grande-Bretagne de «chienne qui demande à recevoir des coups». 

L’ex-rédacteur en chef assure avoir fait partie des étudiants qui ont manifesté pour la démocratie sur la place Tiananmen à Pékin en 1989, avant d’être écrasés par les chars. Mais ces derniers mois, son journal n’avait pas de mots assez forts pour dénoncer la démocratie libérale, devenue à ses yeux inférieure à «la démocratie à la chinoise». 

Tout récemment, il a diffusé des vidéos de la championne de tennis Peng Shuai, accréditant la thèse selon laquelle la joueuse serait en liberté après avoir mis en cause un ancien haut responsable du pays dans un scandale sexuel.