Une femme dévouée à sa famille, à l’allure austère, avec un fort accent allemand: Hanna Schygulla incarne Clara Schreiber (1855-1941), qui donne naissance à la saga de la famille Servan-Schreiber, au centre d’un téléfilm en tournage pour France 2. En 1877, Clara quitte la Prusse pour Paris afin d’y rejoindre son mari, qui décède au début du XXème siècle. Avec ses trois enfants, cette jeune juive lutte pour s’intégrer dans son nouveau pays, en dépit de l’antisémitisme et des tensions entre l’Allemagne et la France. Non seulement elle y parvient, mais surtout, la famille Servan-Schreiber ne tardera pas à devenir très influente dans la classe politique et dans les médias. «Avec les Schreiber, c’est une famille juive allemande qui incarne la volonté des migrants de s’intégrer, de s’enraciner ailleurs. Il faut être plus Français que les Français», explique l’actrice allemande Hanna Schygulla, vêtue d’une robe sombre du début du XXème siècle. «Clara, c’est une femme forte qui veut mettre sa famille à l’abri, elle veut grimper l’échelle sociale», analyse l’actrice, lors d’une pause entre deux scènes. Ce jour-là d’ailleurs, se tourne le mariage de son fils aîné Robert avec la fille du sénateur Crémieux, qui a eu lieu en 1916. C’est une étape importante dans l’ascension sociale de la famille, souligne le réalisateur Sébastien Grall. La robe de mariée est la copie de la vraie, comme de nombreux éléments de décors dans le film. L’appartement de la famille Schreiber et le siège de leur journal ont été reconstitués dans des studios en banlieue parisienne. L’arrière-petite-fille de Clara, Fabienne Servan-Schreiber, productrice du téléfilm, a mis les photos et les archives familiales à la disposition des auteurs, afin d’être au plus près de la réalité. «La famille a réussi à se propulser en deux générations à la tête d’une entreprise de presse», souligne Sébastien Grall, qui a coécrit le scénario, avec Jacques Forgeas.




































