Cybersécurité : Viginum étend son champ d’action aux petites plateformes comme Discord

Cybersécurité : Viginum étend son champ d’action aux petites plateformes comme Discord

Le service Viginum chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères en ligne pourra désormais collecter les données issues des petites plateformes, où se préparent aujourd’hui souvent les opérations de manipulations, selon un décret présenté mercredi.

Le décret, présenté mercredi en conseil des ministres, supprime le «seuil minimal de 5 millions de visiteurs uniques par mois» qui fixait le «périmètre des plateformes sur lesquelles Viginum (pouvait) collecter des données à caractère personnel».

Lors de la création en 2021 de ce service rattaché au Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) qui dépend de Matignon, la loi ne permettait pas de collecter les données issues des plus petites plateformes.

Depuis, «plein de petites plateformes sont apparues», explique une source sécuritaire, citant notamment l’exemple de Discord.

Les autorités se sont aperçues qu’«un certain nombre d’opérations d’ingérence numérique étrangère se préparaient sur des petites plateformes pour que cela soit moins visible des outils de modération», poursuit cette source.

Une fois une opération mise en place sur ce type de plateformes, les acteurs malveillants «vont ensuite troller sur les grosses plateformes» comme X, dans des opérations dites «cross-plateformes».

Le décret prévoit également une extension de la durée de conservation des données collectées par Viginum, sans plus de détails.

Cette extension permet de conserver des «archives» pour faire face aux acteurs dits «persistants», explique la source sécuritaire.

«Typiquement, vous avez des réseaux russes qui ont une longévité très importante», souligne-t-elle.

Une «stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information» doit être rendue publique prochainement, avait annoncé Emmanuel Macron début février, à quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars et à un an de la présidentielle.

Les ingérences numériques étrangères, les tentatives de manipulation de l’opinion sur les réseaux sociaux et les actions de piratage se sont multipliées ces dernières années dans la plupart des campagnes électorales en France, comme dans d’autres pays européens.

 

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