À l’occasion de la sortie de «Roland-Garros – Entre les lignes» sur france.tv, Yann Le Bourbouach, co-fondateur et président de Quad Lab, revient sur sa manière de raconter le sport comme une fiction. Une vision du documentaire où l’humain prime sur la performance.
MEDIA +
Vous êtes cofondateur de Quad Lab. Pouvez-vous revenir sur la création de la structure ?
Yann LE BOURBOUACH
Quad Lab a été fondée en 2019. J’en suis aujourd’hui le cofondateur et président, ainsi que le dernier associé arrivé au sein de Quad Group. Nous travaillons en étroite proximité avec Quad Cinema, Nicolas Duval mon associé et Quad Drama, dirigé Par Iris Bucher. Nous avons des échanges réguliers, ce qui est essentiel car notre ADN puise directement dans la fiction. De mon côté, j’ai un parcours de producteur de cinéma, avec notamment dix années passées chez Warner Bros, puis aux productions du trésor auprès d’Alain Attal et Chez Gaumont auprès de Sidonie Dumas. Cette culture narrative a fortement influencé notre approche. Notre premier documentaire, «L’Affaire Bettencourt – scandale chez la femme le plus riche du monde» (2023) pour Netflix, nommé aux International Awards, a posé les bases de cette ligne éditoriale. Nous avons ensuite poursuivi avec «Tour de France : Au cœur du peloton» (2025). Même si nous n’avons pas de «recette», nous avons un procédé : aller chercher des personnages forts, des enjeux divers, dans une arène forte.
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Qu’avez-vous appris sur la manière de raconter le sport aujourd’hui ?
Yann LE BOURBOUACH
Ce qui nous intéresse avant tout, ce ne sont pas seulement les performances ou le rayonnement international. C’est la dramaturgie humaine. Ce sont les enjeux que traversent les personnages. Sur le Tour de France, nous étions concentrés sur les athlètes et leurs équipes. Pour «Roland-Garros – Entre les lignes» sur france.tv, nous avons voulu déplacer le regard. Nous sommes dans un sport individuel, donc nous avons choisi de raconter la compétition à travers d’autres prismes : Amélie Mauresmo, les ramasseurs de balles, le corps arbitral. C’est ce point de vue narratif qui fait la singularité de la série.
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Vous revendiquez une écriture «comme une fiction». Jusqu’où peut-on aller sans trahir la réalité du sport ?
Yann LE BOURBOUACH
Le sport de très haut niveau est, par nature, une dramaturgie. Vous interrogez n’importe quel athlète ou organisateur d’un événement mondial, il vous dira la même chose : tout est traversé par des enjeux humains extrêmement forts. Les trajectoires se croisent, s’opposent, se confrontent. Carlos Alcaraz n’est pas Jannik Sinner, ni Aryna Sabalenka. Chacun a son histoire, son background, ses tensions. Notre travail consiste à aller chercher cette dramaturgie, à la construire, puis à l’entrelacer dans une narration sérielle. C’est ce savoir-faire que nous cultivons chez Quad Lab.
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Obtenir un accès aussi total aux coulisses de Roland-Garros est exceptionnel. Comment avez-vous procédé ?
Yann LE BOURBOUACH
C’est un travail de longue haleine. On ne rentre pas dans le bureau d’Amélie Mauresmo en claquant des doigts. Nous avons mené un an de développement, à la fois pour gagner la confiance de la Fédération française de tennis, de la direction du tournoi, et pour préparer le terrain. Nous avons fait un repérage complet un an avant, pour être prêts le jour J. Et surtout, il y avait un pacte très clair : ne jamais entraver le travail des équipes ni celui des joueurs. Nous avons aussi été extrêmement transparents sur notre intention : nous ne sommes pas là pour piéger, ni pour faire de la news. Nous racontons une histoire sur le temps long, capable de remettre en perspective les enjeux, qu’ils soient sportifs, organisationnels, societaux, ou personnels.
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Vous captez des moments charnières, comme les adieux de Rafael Nadal ou l’émergence d’une nouvelle génération. Cherchez-vous à produire des récits historiques en temps réel ?
Yann LE BOURBOUACH
Oui, absolument. Même si le documentaire sort un an après, il devient une archive. Mais notre ambition est de construire des séquences comme dans un film tourné en temps réel. Nous anticipons des scénarios, sans jamais connaître l’issue. Et nous intégrons les imprévus, qui font partie de la magie du documentaire. Notre force, c’est d’être capable de les intégrer dans une narration globale cohérente.
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Quelles sont vos prochaines ambitions pour Quad Lab ?
Yann LE BOURBOUACH
Nous avons deux projets en préparation, dont un dans le sport autour d’un athlète mondialement connu, et un autre hors sport, qui sera une surprise. Nous développons aussi une série autour de l’abbé Pierre, avec une approche différente : au-delà du scandale, comprendre comment notre société a pu entretenir le silence aussi longtemps face à une figure aussi forte. Par ailleurs, je travaille actuellement sur un documentaire pour CANAL+ sur la fin de vie. L’idée est d’aborder ce sujet avec émotion, mais aussi avec légèreté et autodérision. On y suit une amitié entre deux hommes, dont l’un filme la fin de vie de l’autre. Ce qui m’intéresse, c’est de montrer comment on continue à vivre, à rire, à créer du lien, même dans ces moments-là ou oserai je dire, surtout dans ces moments là.
LES DIRIGEANTS
Y. LE BOURBOUACH
Président
N. DUVAL
Associé
COORDONNEES
33 rue madame de Sanzillon
92110 Clichy
DATE DE CREATION
2019
PRODUCTIONS
«Tour de France : Au cœur du peloton», «Roland-Garros –
Entre les lignes»…



































