KARIME NEDJARI (RMC) : «Le contenu doit vivre sur toutes les plateformes»

KARIME NEDJARI (RMC) : «Le contenu doit vivre sur toutes les plateformes»

À l’occasion de la présentation du dispositif déployé par RMC pour la Coupe du monde 2026, Karim Nedjari, directeur général de RMC & RMC Sport, détaille la stratégie du groupe : synergies entre les médias de CMA Média, puissance du digital, place des nouveaux visages et volonté assumée de faire du football un grand moment populaire et fédérateur.

MEDIA +

RMC revendique 11 heures quotidiennes consacrées à la Coupe du monde, de 18h à 5h. Le direct reste-t-il votre principal levier de puissance ?

KARIM NEDJARI

Oui, totalement. Les quatre valeurs essentielles que nous défendons à RMC, ce sont l’émotion, l’information, le débat d’opinion et la proximité. Et finalement, le direct permet de réunir tout cela. Cette Coupe du monde va être vécue en temps réel, au rythme des supporters, des auditeurs, des émotions. On veut être là partout : à Paris dans les fan zones, aux États-Unis au plus près du MetLife Stadium, mais aussi à Boston avec nos journalistes qui suivront les Bleus au quotidien. Le direct reste l’ADN de RMC. C’est ce qui permet de créer de l’intensité, du partage et cette impression de vivre collectivement les événements, même à des milliers de kilomètres.

MEDIA +

Vous avez beaucoup insisté sur la synergie entre toutes les marques de CMA Média. Cette Coupe du monde sert-elle aussi de laboratoire grandeur nature avant d’autres grands rendez-vous ?

KARIM NEDJARI

Oui, bien sûr. On avait déjà commencé à travailler de cette manière sur la Coupe d’Afrique des Nations et on le fera également pour la présidentielle. Petit à petit, on essaie de créer davantage de cohérence entre toutes les forces du groupe. Évidemment, RMC, en tant que radio officielle de la Coupe du monde, sera le navire amiral. Mais derrière, il y a toute une flottille. Les équipes de Brut., BFMTV, les rédactions de BFM Région, La Tribune Dimanche, La Provence, Corse-Matin… tout le monde travaillera ensemble. L’idée, c’est de renforcer la puissance éditoriale du groupe en croisant les expertises et les regards. On veut créer une synergie de l’information, mais aussi de l’émotion.

MEDIA +

Avez-vous le sentiment qu’une marque média comme RMC doit désormais penser «plateforme» avant même de penser «antenne» ?

KARIM NEDJARI

Aujourd’hui, tout est digital. On a essayé de le montrer pendant cette conférence de presse : il faut être présent partout où se trouvent les auditeurs et les téléspectateurs. On n’a plus le choix. Les usages ont totalement changé. Certains vont écouter la radio, d’autres regarder des extraits sur TikTok, YouTube ou Instagram, d’autres encore suivre les émissions en podcast ou en vidéo. Notre rôle, c’est d’aller vers eux, de nous adapter à leurs habitudes de consommation. C’est aussi pour cela que ce dispositif est aussi massif et inédit. Il est extrêmement lourd à monter, mais il répond à une vraie attente du public. RMC lance aussi sa web radio 100% Coupe du monde: une antenne digitale éphémère, en direct du 10 juin à 17h jusqu’au 20 juillet à 23h59. Avec cette web radio, RMC renforce son positionnement de référence du sport en audio et offre aux fans de football une expérience live complète, accessible partout, à tout moment.

MEDIA +

Les matchs auront parfois lieu en pleine nuit. Comment maintenir malgré tout un moment collectif autour de l’antenne ?

KARIM NEDJARI

Grâce à la convivialité et à l’interactivité avec les auditeurs. C’est essentiel. On l’a déjà constaté lors de la Coupe d’Afrique des Nations : certains matchs avaient lieu tard dans la nuit et pourtant il y avait une vraie ferveur. Les matchs de l’Algérie, du Maroc ou des sélections africaines créent énormément d’émotion auprès de nos auditeurs. Nous diffuserons d’ailleurs tous les matchs africains en direct. Le football reste un formidable lien culturel et émotionnel. Même à 2 heures du matin, les gens ont envie de partager ces moments ensemble.

MEDIA +

RMC revendique plus d’un milliard de vidéos vues par mois sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, la bataille d’une Coupe du monde se joue-t-elle autant sur TikTok, Instagram ou YouTube que sur l’antenne ?

KARIM NEDJARI

Oui, sur toutes les plateformes. Aujourd’hui, l’After Foot est presque devenu une chaîne de télévision à part entière. Nous sommes diffusés dans douze pays africains et touchons des millions de foyers. Il y a évidemment les réseaux sociaux, mais aussi les formats natifs digitaux, les émissions verticales, les podcasts, YouTube… Tout cela compte désormais autant que l’antenne traditionnelle. Et puis nous allons aussi travailler avec Brut, qui apportera une approche plus sociétale et documentaire. L’idée est vraiment de raconter cette Coupe du monde sous tous les angles possibles.

MEDIA +

RMC revendique aussi le débat d’opinion. Est-il encore possible de faire des débats forts sans tomber dans la polémique permanente ?

KARIM NEDJARI

Oui, à condition qu’il y ait du respect. On peut avoir des opinions différentes, des débats forts, des désaccords même très marqués, mais il faut que chacun écoute l’autre. C’est aussi notre responsabilité à l’antenne : montrer qu’on peut débattre sans tomber dans l’agressivité permanente. Si nous donnons le bon exemple, alors les discussions pourront continuer de manière saine dans les bars, les cafés, partout où les gens échangent autour du football. Le sport doit rester un espace de dialogue et d’humanité.

MEDIA +

Ces grands événements sportifs ont-ils encore un impact durable sur les audiences d’une radio comme RMC ?

KARIM NEDJARI

Oui, évidemment. Mais surtout, lorsqu’on revendique être la radio numéro un sur le sport, il faut être à la hauteur de ces grands rendez-vous. L’objectif, c’est aussi de faire en sorte que les auditeurs qui nous découvrent pendant une Coupe du monde deviennent les auditeurs de demain.

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