Le feuilleton à rebondissements du débat Royal/Bayrou a trouvé son épilogue avec l’annonce de son organisation samedi par la télévision BFM TV et la radio RMC, Canal+ un temps pressenti ayant jeté l’éponge sur fond d’accusations de pressions. BFM TV -diffusée gratuitement sur la télévision numérique terrestre – et RMC (groupe NextRadio TV) ont annoncé vendredi avoir proposé à Ségolène Royal et François Bayrou «qui avaient fait connaître leur désir de débattre à la télévision, d’organiser, de produire et de diffuser ce débat». Les images du débat, prévu samedi à partir de 11h00 dans un hôtel parisien, ont été mises gratuitement à la disposition des télévisions et radios, en direct et en différé. D’une durée de 80′, il était animé par quatre journalistes, Ruth Elkrief et Olivier Mazerolle pour BFMTV, Jean-Jacques Bourdin pour RMC ainsi que Dominique de Montvallon pour «Le Parisien/Aujourd’hui en France» «partenaire de l’événement», a précisé BFM TV. C’est donc une chaîne d’info en continu récente et encore relativement confidentielle – lancée fin 2005, BFM TV a vu sa part d’audience passer de 0,5% à 0,7% en un an – qui rafle la mise, après tout le battage suscité par les difficultés pour organiser le débat. Sur Canal+, le projet avait échoué, selon la chaîne cryptée, en raison des règles d’égalité de temps de parole entre les deux candidats du second tour et du refus de l’UMP de répondre aux propositions de compensation lancées par la chaîne cryptée. Ségolène Royal comme François Bayrou avaient vu pour leur part dans le retrait de Canal+ le résultat de pressions de la part de Nicolas Sarkozy, opposé au débat entre la candidate socialiste et le président de l’UDF, et accusé par ce dernier de pratiquer «intimidation et menace». Canal a nié l’existence de telles pressions. D’après les règles édictées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, depuis le 9 avril jusqu’au 6 mai prévaut le principe d’une égalité stricte et aux mêmes horaires pour les deux candidats. Cette égalité doit être respectée à la télévision et à la radio, la presse écrite n’étant évidemment pas soumise à ces règles. Vendredi matin, Rodolphe Belmer, le directeur général délégué de la chaîne assurait que des invitations avaient été adressées à l’UMP mais qu’elles étaient «restées pour l’instant sans suite». Ce silence de l’UMP sabordait d’office le débat aux yeux de Canal+, qui se retranchait derrière les règles du CSA. Mais le CSA, sollicité le lendemain par le groupe NextRadio TV, a précisé qu’un débat Royal-Bayrou «relevait de la pleine responsabilité éditoriale» de la chaîne qui l’organise. Si une compensation en temps de parole au profit du candidat UMP Nicolas Sarkozy est nécessaire, elle «n’implique pas nécessairement l’organisation d’un autre débat» selon la Haute autorité. «Les modalités du rééquilibrage (déclarations, interview, reprise de propos tenus dans un meeting…) relèvent de l’appréciation de la chaîne», poursuit le CSA. Concernant les interventions de François Bayrou, le CSA a relevé qu’«à ce jour», M. Bayrou «n’a rendu publique aucune prise de position pouvant s’analyser comme un soutien explicite à un candidat. Il n’y a donc pas lieu de prendre en compte ses interventions». Celles-ci ne seraient comptabilisées que s’il exprimait un soutien explicite à l’un des candidats présents au second tour au cours du débat. N’étant pas soumise aux dispositions du CSA, la presse écrite s’était engouffrée dans la brêche pour offrir ses services. Après «Marianne» la veille, «La Vie» (groupe Le Monde) a proposé vendredi de s’associer avec «Marianne» pour organiser le débat face aux «pressions qui semblent s’accumuler».


































