Un groupe d’experts de la tech a lancé lundi des poursuites judiciaires à l’encontre de l’administration Trump, en raison de sa politique de restriction de visas et d’expulsion visant des chercheurs et des vérificateurs de faits travaillant sur les plateformes de réseaux sociaux. La «Coalition for Independent Technology Research» (CITR), qui rassemble des chercheurs de la tech, a déposé plainte devant un tribunal fédéral de Washington pour contester la politique du gouvernement américain qui, en décembre, a sanctionné cinq personnalités européennes, dont l’ancien Commissaire européen Thierry Breton, engagées pour une stricte régulation de la tech et contre la désinformation. «L’administration Trump mène une campagne de censure éhontée et de grande envergure tout en prétendant, de manière cynique et mensongère, que c’est la censure qu’elle combat», indique la plainte. Les prévenus, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio, la ministre de la Justice Pam Bondi et l’ex-ministre de la sécurité intérieure Kristi Noem, «ont adopté une nouvelle politique consistant à exclure et expulser les non-citoyens américains dont le travail implique la lutte contre la désinformation, la vérification des faits, la modération de contenus», affirme la plainte. En mai dernier, Marco Rubio a annoncé une «politique de restriction de visas» visant des responsables étrangers et autres individus qui seraient «complices de la censure d’Américains». En décembre, le Réseau international de vérification des faits (IFCN, International fact-checking network), qui rassemble plus de 170 entités travaillant sur la vérification des faits et la lutte contre la désinformation, avait fait part de sa «profonde préoccupation» à propos des nouvelles consignes du gouvernement américain visant à restreindre les visas pour des personnes travaillant dans la tech, notamment à la modération de contenu. «L’administration Trump utilise la menace de détention et d’expulsion pour museler les discours qui lui déplaisent», a déclaré Carrie DeCell, de l’Institut Knight pour le Premier amendement de l’université Columbia, qui a déposé la plainte au nom de la CITR. Un porte-parole du ministère de la Justice a indiqué que l’administration entendait «se défendre contre des poursuites sans fondement comme celle-ci». Séparément, le ministère a rappelé qu’»un visa est un privilège, pas un droit». «Les Etats-Unis n’ont aucune obligation d’admettre ou de supporter la présence d’individus qui sabotent nos lois et dénient à nos citoyens leurs droits constitutionnels», a souligné le ministère dans un communiqué. «A l’heure où l’IA transforme rapidement nos vies et notre économie, et où les internautes s’inquiètent déjà pour leur liberté et leur sécurité en ligne, nous avons plus que jamais besoin de chercheurs indépendants», a affirmé Brandi Geurkink, directrice générale de la CITR.




































