Le blogueur égyptien Mohamed Ibrahim Radwan, connu sous le nom de «Mohamed Oxygen», a été remis en liberté après plus de six ans de détention pour «diffusion de fausses nouvelles», a annoncé l’organisation Reporters sans frontières (RSF).
«RSF qui avait décerné à Mohamed Oxygen le prix RSF du courage en 2023, se réjouit de sa libération», survenue le 20 mars, a affirmé l’ONG dans un communiqué.
Le fondateur du blog «Oxygen Egypt» avait été arrêté en 2019 après avoir publié sur les réseaux sociaux des vidéos sur des manifestations contre le président Abdel Fattah al-Sissi, qui a progressivement muselé les voix critiques après le coup d’Etat de 2013.
Mohamed Ibrahim Radwan «aurait dû être libéré après avoir purgé sa peine, précédée de plusieurs années de détention provisoire non déduites de sa peine, en violation de la loi», a affirmé l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR) sur sa page Facebook.
Il avait été condamné à quatre ans de prison en 2021, selon la même source.
Le parquet suprême de sûreté de l’Etat avait annoncé la semaine dernière sur sa page Facebook la libération de 31 prévenus dans le cadre du «réexamen périodique de leur situation juridique», en soulignant son engagement «à rendre une justice équilibrée» et «garantir qu’aucun accusé ne reste en détention provisoire sans justification légale».
En août dernier, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme avait pointé le système de «rotation» utilisé par les autorités égyptiennes pour «maintenir en détention les critiques du régime», en portant contre eux «de nouvelles charges» assorties «de nouvelles conditions de détention provisoire».
Le dernier rapport annuel de l’ONG Human Rights Watch (HRW) affirme que les autorités égyptiennes ont «systématiquement» attaqué les libertés fondamentales en 2025, en multipliant les emprisonnements.
Le classement 2025 de RSF sur la liberté de la presse dans le monde place l’Egypte en bas de tableau (170 sur 180).
Selon des groupes de défense des droits humains, le pays compte des dizaines de milliers de prisonniers politiques, militants, journalistes et opposants dans ses prisons, ce que Le Caire dément.



































