En débauchant le patron de RTL, TF1 veut reprendre la main

Avec l’arrivée d’Axel Duroux, le patron de RTL, au poste de numéro deux à TF1, le groupe audiovisuel filiale de Bouygues veut montrer qu’il reprend la main dans un contexte de crise de la publicité et baisse de ses audiences. «L’entreprise est en mouvement», a déclaré mardi lors d’un point de presse Nonce Paolini, P.-D.G. de TF1 depuis mai 2007. «Depuis plusieurs mois, j’en étais arrivé à la conclusion qu’il me fallait un directeur général», poste créé avec la nomination d’Axel Duroux, annoncée lundi soir, a-t-il ajouté. Axel Duroux, qui a redressé les audiences de RTL, était «un choix évident» car il «allie des qualités de contenus et de management», selon Nonce Paolini. M. Duroux, 46 ans, va «seconder Nonce Paolini dans toutes ses missions et dans toutes ses responsabilités sociales, stratégiques et opérationnelles». Il devrait arriver, au plus tard, à la rentrée. En cas de désaccord, c’est le P.-D.G. qui tranche, a rappelé Nonce Paolini, 60 ans, qui s’est dit «convaincu de partager» avec sa nouvelle recrue «les mêmes valeurs et la même philosophie dans la vie et dans l’action». Il ne s’agira pas de recréer le tandem Etienne Mougeotte/Patrick Le Lay, a précisé le patron de TF1. Pendant 20 ans, depuis la privatisation de TF1 jusqu’à leur départ en 2007, Etienne Mougeotte s’occupait principalement des programmes et Patrick Le Lay des finances et de la stratégie. «J’essaye de décloisonner cette entreprise, je ne veux pas la redécouper en tranches», a déclaré M. Paolini. Cette nomination, qui a pris de court le paysage audiovisuel français, «s’inscrit dans une succession d’annonces qui montrent que TF1 reprend la main», a estimé Philippe Bailly, directeur du cabinet NPA Conseil. TF1 a annoncé fin mai être en négociations exclusives avec AB Groupe, pour lui acheter -au prix fort- deux chaînes de la TNT gratuite, NT1 et surtout TMC, dont il détenait déjà 40%. TMC est en tête des audiences sur la TNT gratuite, hors chaînes historiques. Le groupe audiovisuel tente ainsi de réparer les erreurs des dirigeants précédents, qui en 2002 avaient jugé «quasi nulles» les chances de succès de la TNT gratuite. Le groupe a par ailleurs mis en place une nouvelle formule de son portail tf1.fr, avec un développement de son offre de télévision de rattrapage et l’exploitation de ses archives. Il a par ailleurs lancé, pour la première fois depuis 12 ans, une campagne publicitaire. TF1 a également fait une première incursion dans la radio, avec la création en janvier de LCI Radio sur le web. Le dossier de TF1 a été retenu par le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour une diffusion en numérique de cette radio. Ces efforts s’inscrivent dans un contexte difficile pour le groupe. Sa chaîne amiral reste de loin la plus regardée mais ses audiences s’effritent, atteignant 25,5% en mai, une tendance qui va se poursuivre selon les analystes. Côté programmes, ses meilleurs scores sont assurés par des séries américaines mais ses tentatives de renouvellement dans la fiction ont tourné court. Sur fond de crise économique, les recettes publicitaires ont chuté de 14% sur les cinq premiers mois de l’année, selon l’agence Yacast, alors que le recul n’est que de 6% pour M6.

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