Le directeur des sports de Canal +, Alexandre Bompard, a affirmé mardi, à propos des droits de diffusion télé de la L1 renégociés à l’automne prochain, que sa chaîne n’avait «pas vocation» à verser une «subvention publique au football».
média + : La principale nouveauté de votre grille sports c’est le retour du foot anglais?
Alexandre Bompard : C’est une grille avec beaucoup de nouveautés, avec un renforcement du sport et (….) notamment donc le championnat anglais avec toujours la L1, l’Espagne, l’Allemagne… Et puis une année très omnisports: deux grands chelems de tournois de tennis (US Open et Wimbledon, ndlr), tous les grands chelems de golf, le basket avec la NBA, l’athlétisme avec la Golden league… Une offre très multisports qui va nous amener aux JO de Pékin qui sont le point d’orgue de la saison. Il y aura aussi beaucoup de nouvelles émissions notamment sur Canal Plus sport: «Les spécialistes» rugby qui rejoignent «Les spécialistes» foot, une émission avec Darren Tulett tous les samedis, «Jours de sports» qui est totalement renouvelée et refondue. Et beaucoup d’autres nouveautés. On a essayé de faire une rentrée très novatrice. Le sport reste un des grands piliers d’abonnement de Canal Plus et de satisfaction de nos abonnés.
média + : Guy Roux revient-il comme consultant?
Alexandre Bompard : On va discuter tranquillement avec Guy qui sort de cette expérience là (démission de Lens après 4 journées). On espère le voir dans les prochaines semaines.
média + : Pendant la présentation de la grille de rentrée, il y a eu beaucoup de blagues sur le niveau de la L1 dont les droits vont se renégocier cet automne. Votre avis?
Alexandre Bompard : Ce sont des blagues très drôles des «Guignols» qui développent cette petite thématique depuis deux ans. Néanmoins et on l’a déjà dit, la L1 est un feuilleton que nos abonnés apprécient, qui atteint des niveaux d’audience et de satisfaction très élevés. C’est un point très important de notre offre, on n’en disconvient pas.
média + : Sans révéler votre offre, on a quand même l’impression que Canal tente de tirer le prix de 600 millions d’euros par an vers le bas…
Alexandre Bompard : C’est bien trop tôt. D’abord parce qu’on ne connaît pas encore la structuration de l’offre qui sera faite, comment les lots seront composés. C’est très important (ndlr: les 600 millions regroupaient l’intégralité des droits de diffusion qui peuvent être morcelés). Le président Méheut l’a dit: les 600 millions correspondaient à un contexte concurrentiel particulier. Il y avait une prime d’exclusivité. Aujourd’hui elle n’existe plus. Néanmoins, c’est un produit important et on fera notre offre quand on connaîtra la composition des lots. Il nous reste quelques semaines pour affiner la stratégie sur ce point.
média + : En donnant moins, ne risquez-vous pas de fragiliser encore un peu plus un championnat qui a déjà du mal par rapport à ses voisins anglais, italien ou espagnol?
Alexandre Bompard : Notre objectif est de proposer le meilleur à nos abonnés, de satisfaire nos abonnés. Qu’ils aient un rapport qualité-prix de leur abonnement qui soit bon. On n’a pas vocation à subventionner. On ne fait pas une subvention publique au football. On a 80 autres sports. Quand vous payez un million de plus au football, c’est autant que vous ne donnez pas aux autres sports alors quand c’est 100, 200 ou 300 millions, c’est encore plus important… On n’est pas financeur du football français. On acquiert des droits. Des droits qui sont importants dans notre offre mais encore une fois, notre objectif, c’est offrir le meilleur à nos abonnés. On a élargi, on a diversifié les sports qu’on proposait à nos abonnés parce que c’est leur demande. Ils se régalent autant en regardant l’US Open qu’à voir un match de football. Donc on continue à diversifier et évidemment on essaie d’acquérir ces droits qui ont un coût. Cela nous conduit à refondre et ré-analyser un peu tous nos budgets en matière de sports.
média + : Votre directeur général Rodolphe Belmer a affirmé que le groupe mettrait l’accent sur la «création originale». Dans le foot, cela pourrait correspondre à financer le football français justement…
Alexandre Bompard : Il faudrait qu’on en soit totalement propriétaire, qu’on l’organise, qu’on en fixe les règles, et je ne suis pas du tout sûr que mes camarades présidents de clubs ou que le président de la Ligue soient d’accord… Mais, ceci dit en effet, c’est un projet qu’on a sur d’autres sports: essayer de créer de nouveaux évènements. Cela aussi, c’est dans nos objectifs à moyen terme: créer de nouveaux évènements, devenir propriétaire, «marketer» de nouveaux produits, relancer des compétitions qui sont moins en vogue… Cela correspond à une demande de nos abonnés et c’est vers cela que l’on veut tendre.
média + : Quel est le montant du budget des sports à Canal: on parle de plus d’un milliard…
Alexandre Bompard : C’est un budget qui permet de couvrir les 80 sports qu’on diffuse et les chaînes de sports qu’on édite. Outre Canal et Canal Sports on a Sport Plus, Infosport, la partie foot de TPS Star, TPS Foot et puis nos produits en pay per view Foot+ et Rugby+. Cela fait 8 chaînes.



































