Entretien avec … Christine Cauquelin, Directrice des Documentaires de Canal+

Lors d’un repas organisé par Canal+ à l’occasion du MipCom, média+ a rencontré Christine Cauquelin, Directrice des Documentaires de la chaîne cryptée. Elle nous a présenté son point de vue sur le documentaire français à la télévision ainsi que les projets de la chaîne.

média+ : Comment sélectionnez-vous les documentaires diffusés sur Canal+ ?

Christine Cauquelin : Nous avons comme objectif de décrypter le monde contemporain et de l’appréhender en osant toutes les écritures documentaires. Nous recevons prés de 1 000 projets par an que nous lisons. Mais comme nous avons une ligne éditoriale assez précise, nous savons ce que nous voulons. Les films d’une grande qualité cinématographique avec un propos captivant sont immédiatement sélectionnés. Le documentaire de septembre dernier «9.3, mémoire d’un territoire» de Yamina Benguigui en est un exemple.

média+ : Pouvez-vous nous parler de votre nouveau laboratoire documentaire?

Christine Cauquelin : C’est un petit laboratoire qui s’appelle «Emergence» en seconde partie de soirée. C’est une case de 52′ qui est moins exposée que le prime time. Nous faisons travailler de jeunes auteurs et réalisateurs sur des documentaires plus courts et plus prospectifs. A présent nous avons un vivier de jeunes talents qui réinventent le genre. En France, nous avons une tradition documentaire assez classique avec un genre qui ne se renouvelle pas beaucoup. Chez Canal+ nous sommes toujours à l’affût de modernité.

média+ : Quelle est la santé du documentaire en France à la télévision ?

Christine Cauquelin : Sa santé est toujours précaire. C’est un genre qu’il est difficile de faire évoluer car il est enfermé dans un dogme. Pour réussir à l’installer durablement sur les chaînes, il faut absolument le dépoussiérer. Pour cela, il faut savoir de quoi nous voulons parler, et comment nous voulons en parler. Il n’y a pas de règle grammaticale pour le documentaire. Tout est possible. Une forme qui s’adaptera à un certain sujet ne s’adaptera pas forcément à d’autres. Aujourd’hui, beaucoup de documentaires sont dans l’émotion. C’est un ressort de la fiction pour aller chercher le téléspectateur. A Canal+, nous essayons de nous ouvrir à autre chose.

média+ : Quels sont vos nouveaux projets ?

Christine Cauquelin : De nouvelles choses viendront participer à cette envie de décrypter le monde dans lequel nous vivons en abordant des sujets à la fois sensibles et différents. Avec le documentaire «Une vie de fous» nous avons décidé de nous pencher sur le système de soins psychiatriques qui est encore un tabou en France. Nous sommes contents de proposer un tel sujet en prime. Nous avons également un grand projet de Paul Moreira sur la «Pédophilie en Asie», avec un point de vue assez original: des citoyens ordinaires qui ont décidé de lutter contre l’impunité en faisant eux-mêmes un travail d’enquête contre ce fléau. La diffusion est prévue en novembre. Enfin, pour la case «Emergence», nous diffuserons en décembre un documentaire pragmatique sur «La dictature du bonheur» dans lequel la question «pourquoi doit-on être absolument heureux?» sera abordée.

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